October 11, 2013 / 7:57 AM / 4 years ago

L'intérêt d'AT&T pour l'Europe ne convainc pas le marché

4 MINUTES DE LECTURE

AT&T a envisagé la possibilité d'une offre de rachat sur un opérateur européen qui pourrait être Vodafone mais, pour les investisseurs, le deuxième opérateur américain n'a pas intérêt à se précipiter au vu de la concurrence acharnée que se livrent les acteurs du marché en France, en Grande-Bretagne et en Italie. /Photo d'archives/Danny Moloshok

par Sinead Carew et Leila Abboud

NEW YORK/BRUXELLES (Reuters) - AT&T a envisagé la possibilité d'une offre de rachat sur un opérateur européen qui pourrait être Vodafone mais il doit s'attendre à se heurter à la résistance de certains investisseurs, préoccupés par la dureté de la concurrence et la complexité de la réglementation sur le Vieux Continent.

Le directeur général du groupe américain, Randall Stephenson, a déclaré mardi que le marché européen pourrait constituer une "énorme opportunité", dans la perspective de la modernisation des réseaux et du développement du haut débit mobile.

Des sources bancaires proches du dossier notent qu'AT&T a envisagé le rachat d'un opérateur européen, avec des cibles potentielles incluant Vodafone, EE (la coentreprise britannique d'Orange et Deutsche Telekom) et l'espagnol Telefonica.

Pour les investisseurs, le deuxième opérateur américain n'a pas intérêt à se précipiter au vu de la concurrence acharnée que se livrent les acteurs du marché en France, en Grande-Bretagne et en Italie, ainsi que de la réglementation européenne en matière de fréquences mobiles, peu propice à l'investissement.

"Dans l'absolu, la perspective de les voir faire quoi que ce soit en Europe ne me met pas très à l'aise", résume Mike Wetherington, analyste de Barrow, Hanley, Mewhinney & Strauss, une société d'investissement qui est le 14e actionnaire d'AT&T avec 0,6% du capital selon les données Reuters.

"Nous restons à l'écart d'une bonne partie des grands noms du secteur européen des télécoms à cause, entre autres, de la réglementation et de la concurrence", ajoute-t-il.

La question clé du dossier porte sur la capacité d'investissement d'AT&T dans une telle opération de croissance externe, a priori de grande ampleur pour un groupe dont le chiffre d'affaires devrait atteindre 128,7 milliards de dollars (95,3 milliards d'euros) cette année.

"Vodafone, Vodafone Ou Vodafone"

Vodafone, avec 409 millions de clients dans 30 pays, est considéré comme la cible potentielle la plus probable pour l'américain maintenant qu'il a conclu sa sortie du marché américain avec la vente à Verizon de ses 45% de Verizon Wireless.

AT&T s'est refusé à tout commentaire sur ses cibles éventuelles.

"Le choix doit se faire entre Vodafone, Vodafone et Vodafone. Il n'y a personne d'autre qui réponde aux critères en termes de taille suffisante et d'acceptabilité politique", estime Craig Moffett, analyste de MoffettNathanson, en soulignant que les autres grands opérateurs européens implantés à l'international conservent un actionnaire public, ce qui obligerait AT&T à négocier avec des gouvernements.

En incluant une prime d'acquisition, un rachat de Vodafone pourrait coûter 102,5 à 118,17 milliards de dollars selon une étude de Macquarie, qui a compilé les estimations de 118 investisseurs.

Pour Jonathan Chaplin, analyste de New Street, un tel rachat aurait un effet positif sur le résultat par action d'AT&T mais la possibilité de faire croître le chiffre d'affaires et les parts de marché en modernisant le réseau est plus incertaine.

"Rien ne prouve pour l'instant que cette stratégie fonctionne en Europe sur les marchés où elle a été tentée", dit-il.

Plus optimistes, certains analystes soulignent que les opérateurs européens affichent en ce moment des valorisations historiquement basses, alors que les américains sont relativement chers.

"Pour acquérir une présence globale et acheter bon marché, c'est là qu'il faut aller", dit Mario Gabelli, fondateur de la société de gestion Gamco Investors.

L'action AT&T se paie actuellement 6,6 fois l'Ebitda attendu pour 2015 selon Craig Moffett, contre 4,7 fois pour Vodafone selon une note d'UBS publiée le mois dernier.

Marc Angrand pour le service français, édité par Benoît Van Overstraeten

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