Free mobile à l'abordage des offres subventionnées

jeudi 3 octobre 2013 22h48
 

par Leila Abboud et Gwénaëlle Barzic

PARIS (Reuters) - Free s'apprête à lancer la seconde phase de son offensive sur le mobile en ciblant le marché des offres subventionnées, avec la menace d'ouvrir un nouveau front dans la guerre des prix avec les opérateurs historiques visés sur leur coeur de métier.

Un an et demi après son entrée fracassante sur le marché de la téléphonie mobile en France, des experts du secteur s'interrogent toutefois sur la capacité de la filiale d'Iliad à rééditer l'exploit, pronostiquant une offre agressive en termes de prix mais à l'impact probablement plus limité.

Le défi s'annonce d'autant plus périlleux que les opérateurs concurrents, qui avaient sous-estimé l'onde de choc provoquée par l'arrivée de Free mobile l'an dernier, préparent la riposte.

Pour Iliad, l'enjeu est double: toucher un public auquel il n'a pas accès aujourd'hui et accroître les revenus qu'il perçoit auprès de ses abonnés mobiles. Fidèle à son habitude, le groupe fondé par Xavier Niel ménage le suspense sur sa nouvelle offre.

"C'est une partie du marché où les prix n'ont pas encore beaucoup baissé. D'ici la fin de l'année, on a l'idée d'offrir quelque chose de plus simple et de plus attractif que ce qui se fait aujourd'hui", a expliqué au début du mois le directeur général Maxime Lombardini sur la radio BFM.

Exane BNP Paribas évoque le scénario d'une baisse des prix pouvant atteindre jusqu'à 10 euros par mois ce qui pourrait permettre à Free mobile d'engranger entre 800.000 et un million d'abonnés supplémentaires par an, sans nécessairement provoquer un nouveau trou d'air pour ses rivaux.

"Les nouvelles offres d'Iliad pourraient rogner de 1 à 2% la base de clients par an de ses concurrents, ce qui ne serait pas suffisant pour entraîner une nouvelle vague de baisses de prix", estime l'analyste d'Exane Antoine Pradayrol.

Dans une note, Barclays souligne cependant que le marché français des télécoms reste "extrêmement vulnérable" alors que les prix qui étaient parmi les plus chers d'Europe avant l'arrivée de Free mobile, sont aujourd'hui parmi les plus bas.   Suite...

 
Free s'apprête à lancer la seconde phase de son offensive sur le mobile en ciblant le marché des offres subventionnées, avec la menace d'ouvrir un nouveau front dans la guerre des prix avec les opérateurs historiques visés sur leur coeur de métier. /Photo prise le 28 février 2013/REUTERS/Jacky Naegelen