Les visées de Telefonica sur Telecom Italia critiquées en Italie

mercredi 25 septembre 2013 23h53
 

par Alberto Sisto et Danilo Masoni

ROME/MILAN (Reuters) - Le président de Telecom Italia, ses administrateurs indépendants et des hommes politiques italiens ont dénoncé mercredi les visées de Telefonica sur l'opérateur italien en accusant le groupe espagnol de vouloir pousser à la vente d'actifs stratégiques en Amérique latine.

Les critiques montent depuis l'annonce, mardi, d'un accord qui pourrait assurer à terme au groupe espagnol le contrôle de Telecom Italia et de ses filiales au Brésil et en Argentine, sans même qu'il ait à soumettre une offre aux autres actionnaires.

Elles laissent présager un conseil d'administration houleux le 3 octobre, quand les différentes factions débattront des moyens de réduire l'endettement de Telecom Italia - actuellement de 29 milliards d'euros - et de le relancer sur un marché italien toujours en récession.

Ce contexte délétère pourrait aussi contraindre le gouvernement à intervenir alors même que le ministre adjoint au Développement économique, Antonio Catricala, a exclu mardi de s'immiscer dans le dossier.

Franco Bernabe, le président de Telecom Italia, s'est prononcé mercredi en faveur d'une augmentation de capital pour réduire la dette et éviter ainsi un déclassement de la note de crédit.

"Il y a une liquidité abondante et les conditions se prêtent à une augmentation de capital", a-t-il affirmé devant une commission sénatoriale, sans avancer de montant.

Un responsable syndical avait déclaré à Reuters que Franco Bernabe préparait un ambitieux plan d'investissement en Italie qui nécessiterait une importante mise de fonds, estimée entre trois et cinq milliards d'euros par une autre source.

Franco Bernabe, qui occupe la tête de Telecom Italia depuis 2008, a expliqué aux sénateurs qu'une cession d'actifs risquait de prendre trop de temps pour empêcher un déclassement de la note de crédit et il a noté qu'une augmentation de capital serait ouverte à tous les investisseurs, actuels comme nouveaux.   Suite...

 
Franco Bernabe, président de Telecom Italia, a déclaré mercredi que l'opérateur télécoms devait augmenter son capital afin de réduire ses 29 milliards d'euros de dette et d'éviter un déclassement de sa note de crédit, ce qui risque de susciter un désaccord du premier actionnaire, l'espagnol Telefonica. /Photo prise le 24 septembre 2013/REUTERS/Alessandro Bianchi