Sony rejette sans ambiguité la proposition de scission de Loeb

mardi 6 août 2013 09h20
 

TOKYO (Reuters) - Sony a rejeté mardi la proposition de l'actionnaire Daniel Loeb de scinder une partie de ses activités dans les loisirs, affirmant pouvoir toujours retirer des synergies de la combinaison contenus-matériels et s'engageant à améliorer sa communication en présentant des comptes encore plus détaillés.

La décision de Sony pourrait mettre un terme à une campagne d'influence de trois mois lancée par le financier américain et son fonds spéculatif Third Point afin de persuader le groupe d'électronique grand public de vendre jusqu'à 20% de sa division loisirs - cinéma, télévision, musique - et consacrer le produit de la cession à sa division électronique.

"Le conseil d'administration de Sony a conclu à l'unanimité que conserver 100% de notre division loisirs était ce qu'il y avait de mieux à faire et s'intégrait totalement dans la stratégie de Sony", a dit le directeur général Kazuoi Hirai, dans une lettre adressée à Daniel Loeb.

Third Point s'est dit déçu par la décision de Sony mais prêt à poursuivre les discussions avec le groupe japonais pour explorer de nouvelles voies.

Loeb, qui détient 7% environ de Sony, avait dit que la division loisirs était mal gérée. Il voulait également plus de transparence et de contrôle.

Pour Makoto Kikuchi (Myojo Asset Management), il se peut que Third Point lance un appel direct aux actionnaires, parmi lesquels figurent un nombre non négligeable d'étrangers.

L'action Sony a clôturé en baisse de 4,6% en Bourse de Tokyo. Sa valeur a toutefois plus que doublé depuis le début de l'année, dopée par l'activisme de Daniel Loeb et par la nouvelle politique volontariste du gouvernement du Premier ministre Shinzo Abe, plus accueillante envers les investisseurs étrangers.

Sony estime que sa stratégie visant à une plus grande intégration de ses divisions loisirs et électronique est de plus en plus pertinente, ce dont doutent depuis des années nombre d'analystes et d'investisseurs.

Jadis un pionnier dans l'électronique grand public, Sony s'est fait peu à peu dépasser par des concurrents tels que Samsung Electronics et Apple.

Mari Saito, Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Véronique Tison

 
Sony a rejeté mardi la proposition de l'actionnaire Daniel Loeb de scinder une partie de ses activités dans les loisirs, affirmant pouvoir toujours retirer des synergies de la combinaison contenus-matériels et s'engageant à améliorer sa communication en présentant des comptes encore plus détaillés. /Photo prise le 9 mai 2013/REUTERS/Toru Hanai