Nouvelles révélations du Guardian sur l'espionnage de la NSA

jeudi 27 juin 2013 23h30
 

WASHINGTON (Reuters) - Le Guardian britannique publie jeudi de nouvelles révélations sur l'ampleur du cyberespionnage pratiqué par la NSA, qui aurait recueilli une masse de données brutes à partir des communications téléphoniques et des courriels de citoyens et de résidents américains.

Citant un projet de rapport ultra-secret préparé en 2009 par l'inspecteur général de la National Security Agency, le site du Guardian (www.guardian.co.uk/) précise que la collecte de ces informations présentées comme "des métadonnées internet brutes" a débuté peu après les attentats du 11 septembre 2001.

Dans un premier temps, le programme recueillait des informations impliquant au moins une partie ou une personne se trouvant hors du territoire américain ou espionnait des communications entre des étrangers connus mais il a été élargi en 2007.

Selon le journal, les "métadonnées" internet ainsi collectées par la NSA comprenaient les adresses des messages entrants et sortants, y compris les adresses IP qui permettent de localiser l'origine géographique du message.

Ces révélations semblent montrer que la NSA a recueilli la même catégorie de données brutes internet venant de gens situés sur le territoire américain comme sur les utilisateurs de téléphone.

D'après le Guardian, déjà à l'origine avec le Washington Post des révélations sur le programme de cyberespionnage Prism, la collecte de ces "métadonnées" par la NSA a commencé dans le cadre d'un programme controversé d'écoutes autorisé par l'administration de George W. Bush.

Ce programme a ensuite été autorisé par la Foreign Intelligence Surveillance Court, un tribunal fédéral secret encadrant les écoutes et les surveillances pratiquées par les agences de renseignement.

Cité par le journal, Shawn Turner, porte-parole du Directeur national du renseignement américain (DNI), assure que le programme de collecte, qui s'est poursuivi après l'élection de Barack Obama en 2008, a pris fin en 2011 "pour des raisons opérationnelles et de financement et n'a pas été relancé".

"Le programme a pris fin sur ordre de l'exécutif à la suite d'une étude menée par plusieurs agences", ajoute le porte-parole.

Toutefois, le Guardian affirme avoir vu d'autres documents secrets de la NSA, considérée comme "les grandes oreilles" du renseignement américain, suggérant que la collecte de données en ligne d'Américains se poursuit en partie aujourd'hui.

Mark Hosenball et Warren Strobel; Jean-Loup Fiévet pour le service français

 
Le Guardian britannique publie jeudi de nouvelles révélations sur l'ampleur du cyberespionnage pratiqué par la NSA, qui aurait recueilli une masse de données brutes à partir des communications téléphoniques et des courriels de citoyens et de résidents américains. /Photo prise le 17 mai 2013/REUTERS/Pawel Kopczynski