Le père du Web dénonce l'hypocrisie de l'Ouest sur l'espionnage

mercredi 26 juin 2013 14h55
 

LONDRES (Reuters) - Tim Berners-Lee, crédité d'être à l'origine du World Wide Web (WWW) en 1989, dénonce l'"hypocrisie" des gouvernements occidentaux qui espionnent le monde tout en faisant la leçon aux régimes autoritaires qui font exactement la même chose.

"Au Moyen-Orient, les citoyens se sont vus octroyer l'accès à la Toile pour être aussitôt espionnés, puis emprisonnés", relève ce savant de 58 ans, inventeur du célèbre système de liens hypertexte en réseau, dans les colonnes du Times de Londres.

"Il est facile pour les Occidentaux de dire 'il ne faudrait pas que ces méchants gouvernements puissent se livrer à de l'espionnage'. Mais il est évident que les pays développés font de même eux-aussi à grande échelle sur internet", dit-il.

Il redoute aussi que les récentes révélations sur l'ampleur des programmes américain et britannique de cybersurveillance ne modifient la manière de faire des internautes, notamment chez les jeunes générations très friandes de réseaux sociaux pour exposer et partager leur univers intime.

Il évoque ainsi "les adolescents incertains de leur sexualité et qui sont désireux de communiquer avec leurs semblables, (...) les personnes qui ont été victimes d'abus et sont en quête d'aide".

"(...) Les gens vont maintenant hésiter à se livrer sur la Toile sachant qu'il y a quelqu'un qui les regardent derrière leur épaule", explique ce diplômé d'Oxford anobli en 2004 par la reine d'Angleterre.

Ce dernier s'interroge enfin sur la capacité des gouvernements à protéger le caractère confidentiel de données "sensibles" une fois celles-ci recueillies.

Guy Faulconbridge; Jean-Loup Fiévet pour le service français

 
Tim Berners-Lee, crédité d'être à l'origine du World Wide Web (WWW) en 1989, dénonce l'"hypocrisie" des gouvernements occidentaux qui espionnent le monde tout en faisant la leçon aux régimes autoritaires qui font exactement la même chose. /Photo d'archives/REUTERS/Vincent West