21 juin 2013 / 09:53 / il y a 4 ans

Les rumeurs de rachats de Nokia reflètent son attractivité

par Ritsuko Ando

Les récentes rumeurs sur un rachat partiel ou total de Nokia par Microsoft ou par Huawei montrent que le groupe finlandais reste vulnérable mais aussi qu'il se renforce peu à peu, estiment des analystes, dont certains craignaient un dépôt de bilan il y a encore quelques mois. /Photo prise le 6 mai 2013/REUTERS/Dado Ruvic

HELSINKI (Reuters) - Les récentes rumeurs sur un rachat partiel ou total de Nokia par Microsoft ou par Huawei montrent que le groupe finlandais reste vulnérable mais aussi qu‘il se renforce peu à peu, estiment des analystes, dont certains craignaient un dépôt de bilan il y a encore quelques mois.

Le Financial Times a rapporté mardi que Huawei souhaitait racheter Nokia, ce que le groupe chinois a démenti; le lendemain, le Wall Street Journal annonçait que Microsoft avait envisagé d‘acquérir la division de téléphones mobiles du finlandais, avant d‘y renoncer.

“Le groupe n‘est plus en crise comme il y a un an”, affirme Mikael Rautanen, du cabinet d‘analyse financière Inderes. “Cela accentue l‘exposition de Nokia aux offres de fusions et d‘acquisitions.”

Nokia a plongé en Bourse au cours des dernières années, alors que ses concurrents Apple et Samsung Electronics, qui dégagent désormais à eux deux 90% de l‘ensemble des bénéfices du marché des smartphones, lui prenaient des parts de marché.

Plusieurs analystes jugent cependant que Nokia, dont la capitalisation boursière est actuellement de dix milliards d‘euros, contre 200 milliards en 1999, est sous-évalué au cours actuel.

Ils citent les droits de propriété intellectuelle détenus par le groupe, son application de navigation Here et sa part dans NSN, coentreprise d‘équipements de réseaux avec l‘allemand Siemens, pour évaluer la valeur courante de l‘action autour de cinq euros.

Vers 11h30 vendredi, l‘action Nokia se traitait à 3,00 euros, en hausse de 5,12% sur la séance.

IMPATIENCE DES ACTIONNAIRES

“Si j‘examine ces différents actifs, je parviens à une valeur franchement supérieure à trois euros”, explique Hakan Wranne, analyste pour Swedbank. “A l‘automne dernier, nous envisagions un risque important de faillite, et je pense que ce n‘est plus le cas.”

Les actionnaires de Nokia ont néanmoins manifesté le mois dernier leur impatience face au directeur général Stephen Elop, alors que le groupe a enregistré une chute inattendue de ses ventes de téléphone à bas prix et que le choix en 2011 de Windows comme système d‘exploitation reste contesté.

Malgré ces doutes, le sentiment des investisseurs s‘améliore, grâce à la hausse des ventes des smartphones haut de gamme Lumia et à l‘accélération des lancements de nouveaux modèles.

Il y a trois ans, il fallait 22 mois au groupe pour mettre sur le marché un smartphone. Les dirigeants du groupe affirment aujourd‘hui avoir divisé ce délai par deux.

Pour les investisseurs, le lancement en mai de l‘Asha 501, un compromis entre smartphone et téléphone classique, a en outre permis à Nokia d‘occuper une catégorie rendue stratégique par la saturation du marché des mobiles haut de gamme.

“Le lancement du nouveau modèle Asha m‘a rassuré quant au déclin des volumes”, dit Antti Karessuo, gestionnaire de portefeuilles chez Pohjola Asset Management, l‘un des 15 investisseurs les plus importants de Nokia.

“Les choses s‘améliorent, et nous sommes plus optimistes qu‘avant”, ajoute-t-il.

Julien Dury pour le service français, édité par Marc Angrand

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