June 12, 2013 / 7:44 AM / 4 years ago

Une moitié d'Américains d'accord pour une surveillance limitée

4 MINUTES DE LECTURE

AFFAIRE SNOWDEN : LE SYSTÈME PRISM

par Andy Sullivan

WASHINGTON (Reuters) - Près de la moitié des Américains jugent acceptable le système de surveillance mis en place par leur gouvernement à condition qu'il soit encadré, selon un sondage Reuters/Ipsos publié mardi. L'enquête révèle également l'inquiétude suscitée par les méthodes dévoilées la semaine dernière dans les médias.

Le sondage, effectué entre vendredi et mardi, montre qu'une minorité seulement n'est pas troublée pas les révélations sur les moyens permettant à la National Security Agency (NSA) de surveiller les communications de millions d'Américains.

Plus d'un sondé sur trois juge ce programme totalement inacceptable.

D'autres cherchent plutôt un compromis, estimant que le gouvernement doit trouver un équilibre entre sécurité nationale et protection de la vie privée, et expliquer en quoi cette activité est nécessaire.

"J'aime croire que tout ce qu'ils font est dans l'intérêt du pays", dit Stephen Johansson, garçon de café à Minneapolis, âgé de 25 ans. "Mais je pense qu'il faut que ce soit expliqué, plutôt que simplement fait."

L'enquête, réalisée sur internet auprès de 835 Américains, a un intervalle de crédibilité de plus ou moins 3,9 points de pourcentage.

Environ 35% des personnes interrogées estiment que la collecte par la NSA des données téléphoniques des Américains n'est acceptable que dans des circonstances restreintes, et 13% jugent qu'elle est acceptable dans la plupart des circonstances.

Pourquoi Surveiller Une Grand-mère Du Dakota ?

Quarante-sept pour cent des sondés préféreraient que la NSA n'examine pas leurs données téléphoniques mais l'acceptent si l'agence a une bonne raison de le faire. Une proportion similaire (44%) pense la même chose à propos de la surveillance d'internet.

Beaucoup de personnes interrogées se demandent quel intérêt la NSA a de récolter des données sur une si large échelle.

"Pourquoi vouloir suivre deux ou trois appels envoyés par une grand-mère dans une petite ville du Dakota du Sud? Il faut qu'ils réduisent un peu leur champ d'action", déclare Greg Allis, 56 ans, entrepreneur à Sioux Falls.

D'autres sondés se montrent moins disposés à laisser de la marge de manoeuvre au gouvernement.

Trente-sept pour cent ne voient aucune raison acceptable pour la NSA de récolter leurs données téléphoniques et la proportion monte à 44% pour ce qui concerne internet, même si les autorités américaines assurent que le contrôle du Web ne concerne que les non-Américains.

"Cela empiète sur mes droits. C'est comme si Big Brother prenait le contrôle", dit Brad Marechale, 48 ans, d'Omaha dans le Nebraska.

Seules 6% des personnes interrogées estiment ce contrôle "tout à fait acceptable". "(Le terrorisme) est un mal tellement horrible qu'il faut changer notre manière de penser et nous adapter davantage", estime Carol Wong, 67 ans, retraitée à McKinney, au Texas.

D'autres avouent que la défense des libertés civiques n'est pas leur première préoccupation.

"Suivre mes appels téléphoniques est moins important que le fait de ne pas avoir de papier et de stylos dans mes salles de classe", déclare Ashley Grimaldi, 28 ans, enseignante à West Norriton Township, en Pennsylvanie.

Ce n'est pas que la surveillance gouvernementale "me réchauffe le coeur", ajoute-t-elle, "mais cela ne me fait pas non plus haïr le gouvernement".

Jean-Stéphane Brosse pour le service français

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