La NSA demande d'enquêter sur l'origine des fuites sur PRISM

dimanche 9 juin 2013 09h51
 

WASHINGTON (Reuters) - La National Security Agency (NSA), l'une des principales agences de renseignement américaines, a demandé samedi au ministre de la Justice Eric Holder une enquête pénale sur l'origine des fuites qui ont conduit à la divulgation dans la presse d'un programme de surveillance hautement confidentiel baptisé PRISM.

Cette requête survient dans un contexte politique chargé pour l'attorney general, justement en butte depuis plusieurs semaines à des accusations d'empiètement sur la liberté de la presse et à des appels à la démission.

Selon plusieurs médias, Eric Holder a approuvé des écoutes téléphoniques et la surveillance de messageries électroniques de la chaîne Fox News après des fuites relatives à la Corée du Nord. Il est également mis en cause dans les écoutes menées auprès de journalistes de l'agence Associated Press après une fuite sur un complot déjoué par la CIA au Yémen.

Le président Barack Obama lui a ordonné le mois dernier de réexaminer les procédures du département de la Justice dans les affaires de médias et lui-même s'est empressé jeudi de rassurer les organes de presse en déclarant qu'il ne comptait pas empêcher les journalistes de faire leur travail.

"Ce sera une bonne occasion de voir si le département de la Justice a appris la leçon", déclare Gregg Leslie, juriste pour le comité des journalistes pour la liberté de la presse.

Eric Holder a toutefois l'appui de la Maison blanche et pour Carrie Cordero, ex-juriste au département de la Justice, le ministère est "par tradition politiquement protégé lorsqu'il conduit une enquête et je ne vois pas pourquoi cela changerait aujourd'hui, même si ce n'est peut-être pas populaire".

La décision de la NSA a été annoncée par la Direction du renseignement national, qui chapeaute les agences de renseignement.

Son directeur, James Clapper, s'est livré à une défense vigoureuse du programme de surveillance PRISM dont le Guardian et le Washington Post ont révélé l'existence et de nombreux détails cette semaine.

James Clapper a dénoncé dans un communiqué des "divulgations imprudentes" et souligné que le programme était légal, qu'il ne visait pas les ressortissants américains et qu'il avait permis d'éloigner des menaces contre les Etats-Unis.   Suite...

 
La National Security Agency (NSA), l'une des principales agences de renseignement américaines, a demandé samedi au ministre de la Justice Eric Holder une enquête pénale sur l'origine des fuites qui ont conduit à la divulgation dans la presse d'un programme de surveillance hautement confidentiel baptisé PRISM. /Photo d'archives/REUTERS/Jason Reed