Des parlementaires britanniques critiquent l'entrée de Huawei

vendredi 7 juin 2013 10h39
 

LONDRES (Reuters) - Huawei Technologies n'aurait jamais dû être autorisé à prendre pied dans les infrastructures de communication britanniques sans que l'Etat n'en ait été informé, estiment des parlementaires.

Le groupe chinois, deuxième équipementier mondial des télécoms, a conclu un accord, remontant en 2005, pour fournir du matériel à BT Group, le première opérateur britannique. Il fournit également 02, filiale de Telefonica, EE, propriété de France Télécom et de Deutsche Telekom, et TalkTalk.

BT avait informé des responsables gouvernementaux de la participation de Huawei au contrat deux ans avant qu'il ne soit conclu mais les ministères n'ont pas été informés avant 2006, ce qui a "choqué" les parlementaires.

"Une décision aussi sensible, aux retombées susceptibles d'être néfastes, aurait dû être du ressort ministériel", écrivent les parlementaires dans un rapport publié vendredi.

"D'avoir négligé de consulter les ministres semble être le signe d'une complaisance effarante compte tenu de la gravité de l'affaire", poursuit le rapport, jugeant cette négligence "inacceptable".

La commission parlementaire auteur du rapport souligne que le manque de clarté des procédures, de la responsabilité et des prérogatives relatives à l'attribution de contrats fait que des questions de sécurité nationale risquent d'être purement et simplement ignorées.

Ce n'est pas la première fois que la firme chinoise est associée à des questions de sécurité. Les Etats-Unis et l'Australie se sont ainsi ému des liens présumés de l'équipementier chinois avec Pékin.

Paul Sandle et Brenda Goh, Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Benoît Van Overstraeten

 
Huawei Technologies n'aurait jamais dû être autorisé à prendre pied dans les infrastructures de communication britanniques sans que l'Etat n'en ait été informé, estiment des parlementaires. /Photo prise le 22 janvier 2013/REUTERS/Carlos Barria