7 juin 2013 / 06:05 / il y a 4 ans

Barack Obama justifie la surveillance des communications

par Matt Spetalnick et Steve Holland

Le président Barack Obama a justifié vendredi les mesures de surveillance des communications par téléphone et internet qui, a-t-il insisté, ne violent en rien la Constitution américaine et permettent de protéger la sécurité nationale. /Photo prise le 7 juin 2013/REUTERS/Kevin Lamarque

WASHINGTON/SAN JOSE (Reuters) - Le président Barack Obama a justifié vendredi les mesures de surveillance des communications par téléphone et internet qui, a-t-il insisté, ne violent en rien la Constitution américaine et permettent de protéger la sécurité nationale.

Les grands acteurs américains d‘internet comme Apple, Google, Facebook ou encore Yahoo ont tenu pour leur part à démentir des informations du Washington Post selon lesquelles ils fourniraient au gouvernement un “accès direct” à leurs serveurs.

S‘exprimant vendredi sur ce dossier lors d‘une visite dans la Silicon Valley, en Californie, Barack Obama a justifié les mesures prises. Il est indispensable de trouver un compromis entre le respect de la vie privée et les nécessités de la sécurité nationale, a dit le président qui a souhaité un débat sur ce sujet.

Déjà, a-t-il assuré, des représentants du peuple et des magistrats sont tenus informés des mesures de surveillance téléphoniques, qui concernent uniquement les numéros et la durée des communications mais pas la teneur des conversations.

“Personne n‘écoute vos conversations téléphoniques, ce n‘est pas l‘objet de ce programme”, a-t-il insisté.

“En extrapolant, on peut se plaindre de ‘Big Brother’ et de risques de dérapage mais quand on entre dans les détails, je pense que nous avons trouvé le bon équilibre”, a-t-il ajouté.

Pour ce qui est du contrôle des courriels et des pages consultées sur internet, il ne vise ni les citoyens américains, ni les personnes vivant aux Etats-Unis, a confirmé le président.

Il a précisé qu‘il était au départ sceptique sur une telle surveillance mais qu‘il avait dû finalement reconnaître qu‘elle permettait de prévenir des attentats terroristes, au prix de quelques “modestes empiétements sur la vie privée”.

“Vous ne pouvez pas avoir 100% de sécurité, 100% de respect de la vie privée et aucun inconvénient. Il faut bien, en tant que société, faire des choix”, a fait valoir le président.

PROGRAMME CLANDESTIN

Pour ce qui est d‘internet, d‘après le Washington Post, la National Security Agency (NSA, renseignement) et le FBI (police fédérale) “se servent directement dans les serveurs centraux de neuf sociétés internet américaines de premier plan” par le biais d‘un programme secret baptisé PRISM.

Ils en extraient selon le journal des milliers de sons, d‘images, de photographies, de courriels, de documents et de clés de connexion.

Le Washington Post écrit que neuf groupes - Apple, Google, Facebook, Microsoft, Yahoo, Paltak, AOL, YouTube et Skype - ont rejoint ce programme antiterroriste clandestin.

Une source gouvernementale contactée par Reuters a confirmé l‘existence de ce programme hautement confidentiel qui n‘avait jamais été dévoilée jusqu‘à présent.

Selon un haut fonctionnaire de Washington tenant à garder l‘anonymat, le programme ne vise que des ressortissants étrangers habitant en dehors des Etats-Unis, ce qu‘a répété par la suite le directeur du renseignement national James Clapper, avant Barack Obama lui-même.

La loi américaine, a expliqué le responsable anonyme, ne permet pas de viser un ressortissant américain ni une personne résidant sur le territoire américain.

“Ce programme a récemment été de nouveau autorisé par le Congrès après de nombreux débats et auditions”, a-t-il dit. “Les informations collectées grâce à ce programme sont parmi les renseignements les plus importants et les plus précieux que nous recueillons. Ils sont utilisés pour protéger notre nation d‘une grande variété de menaces.”

L‘article du Washington Post est paru en même temps qu‘un article du Guardian révélant que le gouvernement américain collecte auprès de l‘opérateur télécoms Verizon les données téléphoniques de millions d‘Américains dans le cadre de la lutte antiterroriste.

PAS DE “PORTE DÉROBÉE”, DIT GOOGLE

James Clapper a déclaré que les deux articles contenaient “de nombreuses imprécisions”, mais n‘a pas donné de détails.

Dans des communiqués diffusés jeudi soir, Google, Apple, Yahoo et Facebook ont tous démenti que le gouvernement dispose d‘un “accès direct” à leurs serveurs centraux.

“Google est profondément attaché à la sécurité des données de ses utilisateurs. Nous dévoilons des données au gouvernement en accord avec la loi, et nous examinons toutes ces requêtes attentivement. De temps à autre, des gens affirment que nous avons créé une ‘porte dérobée’ pour le gouvernement dans nos systèmes, mais Google n‘a pas de ‘porte dérobée’,” a déclaré le moteur de recherche.

Le responsable de Facebook chargé de la sécurité, Joe Sullivan, a également démenti les informations du Post, assurant que le réseau social agissait conformément à la loi.

Selon le quotidien, ce programme PRISM a été mis en place sous la présidence de George W. Bush en 2007 et s‘est étendu de manière exponentielle sous la présidence de son successeur Barack Obama.

Le journal dit avoir obtenu des copies de diaporamas décrivant l‘opération à des analystes de la NSA. Les sociétés internet participeraient aux opérations PRISM en toute connaissance de cause et sont citées sur l‘un des diaporamas de la NSA, dans l‘ordre de leur intégration au programme, de Microsoft en septembre 2007 à Apple en octobre 2012.

“Nous n‘avons jamais entendu parler de PRISM”, a déclaré Steve Dowling, porte-parole de la firme à la pomme. “Nous ne fournissons d‘accès direct à nos serveurs à aucune agence gouvernementale.”

Le Washington Post explique avoir obtenu ces documents PowerPoint auprès d‘un agent des renseignements qui souhaitait révéler ce qu‘il juge être une flagrante intrusion dans la vie privée. “Ils peuvent littéralement voir vos idées prendre forme quand vous les tapez sur le clavier”, dit cet agent.

Doug Palmer, Matt Spetalnick, Steve Holland, Poornima Gupta, Gerry Shih et Mark Felsenthal; Jean-Stéphane Brosse et Guy Kerivel pour le service français

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