Cisco juge qu'avec Skype, Microsoft crée un monopole

mercredi 29 mai 2013 13h54
 

LUXEMBOURG (Reuters) - Cisco Systems, numéro un mondial des équipements de réseaux, a demandé mercredi au Tribunal de l'Union européenne de revenir sur le feu vert donné au rachat de Skype par Microsoft, estimant que la Commission avait eu tort de permettre la création d'un monopole.

Ce rachat, d'un montant de 8,5 milliards de dollars (6,6 milliards d'euros), avait été approuvé en 2011 par la Commission européenne, chargée de veiller au respect de la concurrence.

Cisco souligne que le géant du logiciel n'a pas eu besoin de consentir la moindre contrepartie lors du rachat du spécialiste des appels téléphoniques sur internet et estime qu'il s'agit là d'un avantage infondé.

Selon Microsoft, un tiers des appels vocaux passés dans le monde transitent désormais par Skype. Chaque mois, plus de 280 millions d'utilisateurs passent plus de 100 minutes d'appels par le logiciel.

Quand Microsoft a racheté Skype, ce dernier ne comptait que 170 millions d'utilisateurs.

Luis Ortiz Blanco, un juriste de Cisco, a déclaré devant le Tribunal que la fusion avait créé un "véritable monopole qui condamne la concurrence à rester dans des marchés de niche. Le raisonnement retenu par la Commission contient de nombreuses erreurs."

Corneliu Hoedlmayr, un juriste de la Commission européenne, a estimé de son côté que les arguments avancés par Cisco n'étaient pas convaincants.

"Les requérants ont échoué à apporter la preuve d'une atteinte à la concurrence", a-t-il dit devant la juridiction chargé d'examiner la procédure.

La requête de Cisco a été déposée conjointement avec Messagenet SpA, opérateur italien de téléphonie fixe et de téléphonie sur internet, concurrent direct de Skype.

La décision de la Cour de justice sera rendue dans les mois à venir. Un recours peut être déposé auprès de la Cour de justice de l'Union européenne.

Foo Yun Chee, Nicolas Delame pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat