La Chine riposterait si l'UE enquête sur les télécoms

jeudi 16 mai 2013 20h13
 

BRUXELLES (Reuters) - La Chine a menacé jeudi de riposter si l'Union européenne décidait l'ouverture d'une enquête sur des pratiques anticoncurrentielles supposées d'équipementiers télécoms chinois.

Le Commissaire européen au Commerce extérieur, Karel De Gucht, a annoncé mercredi que la Commission était parvenue à un accord de principe sur l'ouverture d'une enquête mais qu'elle chercherait d'abord à négocier une solution avec les autorités chinoises.

Le communiqué de la CE n'a pas cité de nom mais selon des sources communautaires l'enquête pour dumping viserait en premier lieu Huawei , le deuxième équipementier mondial, et ZTE.

"Si la partie européenne insiste pour ouvrir une enquête, la partie chinoise prendra, conformément aux règles de l'OMC et au droit chinois, des mesures fermes pour sauvegarder ses droits et intérêts légitimes, et les conséquences devront en être supportées par la partie à l'origine des frictions", a déclaré Shen Danyang, porte-parole du ministère du Commerce, à la presse à Pékin.

L'enquête serait la plus importante du genre lancée par la Commission et la première dont elle serait l'initiatrice, sans plainte préalable d'entreprises européennes lésées.

Les équipementiers Ericsson, Nokia Siemens Networks et Alcatel-Lucent ont eu à souffrir de la concurrence des importations chinoises bon marché mais s'abstiennent d'exprimer officiellement leurs griefs par peur de représailles de la Chine, ce qui complique la tâche de Bruxelles.

Shen Danyang a précisé que la Chine avait fait une proposition sur la question des équipements de télécommunications lors de la récente visite d'une délégation de l'UE à Pékin mais qu'elle n'avait eu de réponse.

"Cela fait douter de la sincérité de l'UE à résoudre des conflits par le biais de consultations", a dit le porte-parole.

La CE dit avoir des preuves d'aides publiques illicites mais Huawei et ZTE démentent en bénéficier. Huawei a également démenti vendre des équipements à perte pour s'assurer des parts de marché.

"Je pense qu'au bout du compte l'UE ne veut pas faire toute une affaire de cette histoire", a confié un diplomate chinois à Reuters, en estimant que les Vingt-Sept opteront in fine pour la négociation plutôt que de mettre leur menace à exécution.

Ethan Bilby, Véronique Tison pour le service français

 
La Chine a menacé jeudi de riposter si l'Union européenne décidait l'ouverture d'une enquête sur des pratiques anticoncurrentielles supposées d'équipementiers télécoms chinois. /Photo prise le 22 janvier 2013/REUTERS/Carlos Barria