Google accusé de tromperie sur les impôts en Grande-Bretagne

jeudi 16 mai 2013 19h37
 

LONDRES (Reuters) - Une commission parlementaire britannique a accusé jeudi le responsable de Google pour l'Europe du Nord d'avoir dissimulé la nature exacte des activités du groupe au Royaume-Uni afin d'éviter à ce dernier de payer des impôts.

Google, qui a subi en novembre un interrogatoire de la même commission aux côtés de Starbucks et Amazon, avait affirmé à cette occasion ne pas effectuer de ventes au Royaume-Uni, ce qui limite considérablement les exigences fiscales qui pèsent sur le groupe.

Selon Matt Brittin, vice-président de Google, les employés britanniques du groupe ne s'occupent que de promotion et les ventes sont effectuées par la division irlandaise du groupe, qui rapatrie par ailleurs aux Bermudes les revenus réalisés.

Une enquête de Reuters a cependant révélé que les offres d'emplois de Google à Londres mentionnait explicitement la "négociation" et la "conclusion" de contrats, ce que confirme les profils de dizaines d'employés sur le réseau social professionnel Linkedin.

Margaret Hodge, présidente de la commission des Comptes publics du parlement britannique, a accusé jeudi Google de ne pas se conformer à son slogan "Don't be evil" qui engage la compagnie à "ne pas faire le mal".

"Je pense que vous faites le mal, car vous brouillez les pistes pour éviter de payer des impôts", a-t-elle déclaré, estimant que le groupe s'était comporté de manière "sournoise, délibérée et à mon avis contraire à l'éthique".

Matt Brittin a de son côté souligné que la division irlandaise restait la partie indiquée sur les contrats signés par Google dans cette partie de l'Europe, mais il a reconnu que les employés britanniques du groupe étaient impliqués dans les procédures de ventes et étaient rémunérés pour leur rôle par des commissions.

"Le personnel britannique mène des ventes, mais il ne conclut pas d'accords", a-t-il précisé.

Entre 2006 et 2011, Google a enregistré un chiffre d'affaires de 18 milliards de dollars (14 milliards d'euros) au Royaume-Uni et a payé 16 millions de dollars d'impôts.

Tom Bergin, Julien Dury pour le service français

 
Matt Brittin, vice-président de Google. Une commission parlementaire britannique a accusé jeudi le responsable de Google pour l'Europe du Nord d'avoir dissimulé la nature exacte des activités du groupe au Royaume-Uni afin d'éviter à ce dernier de payer des impôts. /Photo prise le 16 mai 2013/REUTERS/Neil Hall