L'UE prête à enquêter sur des équipementiers télécoms chinois

mercredi 15 mai 2013 14h29
 

BRUXELLES (Reuters) - La Commission européenne a prévenu mercredi qu'elle était prête à ouvrir une enquête sur des équipementiers télécoms chinois qu'elle soupçonne de pratiques contraires à la concurrence, ouvrant un nouveau front commercial face à la Chine.

Karel de Gucht, le commissaire européen au Commerce, a dit dans un communiqué que lui-même et les autres commissaires s'étaient mis d'accord sur le principe d'une enquête anti-dumping et anti-subventions, privilégiant toutefois une solution négociée avec la Chine.

"L'heure tourne", a déclaré un porte-parole de Karel De Gucht. "Nous laissons la porte ouverte à des négociations avec nos partenaires chinois depuis environ un an maintenant et nous espérons que les autorités chinoises fassent un pas en avant et s'adressent à nous sérieusement."

L'UE mène actuellement 31 enquêtes liées au commerce, dont 18 concernent la Chine. La plus vaste, entamée en septembre, vise les importations de panneaux solaires, que la Commission européenne a décidé la semaine dernière de taxer à 47% en moyenne.

L'enquête sur les équipementiers télécoms, si elle est ouverte, marquera néanmoins un précédent car elle sera menée à l'initiative de la CE elle-même, et non à la suite d'une plainte de professionnels concernés.

Les équipementiers européens Ericsson, Alcatel-Lucent et Nokia Siemens Networks , qui souffrent des importations à bas prix de leurs homologues chinois Huawei et ZTE, craignent en effet des représailles de la part de la Chine.

La Commission européenne n'a nommé ni les équipementiers chinois visés, ni les groupes européens qu'elle estime menacés.

Les Etats-Unis et l'Australie ont fermé dans les faits leurs marchés à Huawei, deuxième équipementier télécoms au monde, et l'Allemagne l'a exclu l'an dernier d'un appel d'offres pour la fourniture d'infrastructures à un réseau national de recherche universitaire.

Ethan Bilby, Véronique Tison et Julien Dury pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat

 
Le chinois Huawei, deuxième équipementier télécoms au monde. La Commission européenne a prévenu mercredi qu'elle était prête à ouvrir une enquête sur des équipementiers télécoms chinois qu'elle soupçonne de pratiques contraires à la concurrence, ouvrant un nouveau front commercial face à la Chine. /Photo prise le 22 janvier 2013/REUTERS/Carlos Barria