7 mai 2013 / 17:05 / dans 4 ans

Les actionnaires de Nokia perdent patience

Les actionnaires de Nokia ont manifesté lors de l'assemblée générale du groupe leur impatience face à l'incapacité du directeur général Stephen Elop de rattraper le terrain perdu contre Apple et Samsung Electronics. /Photo prise le 6 mai 2013/REUTERS/Dado Ruvic

par Ritsuko Ando

HELSINKI (Reuters) - Les actionnaires de Nokia ont manifesté mardi leur impatience face à l‘incapacité du directeur général Stephen Elop de rattraper le terrain perdu contre Apple et Samsung Electronics.

Réunis lors de l‘assemblée générale du groupe, certains lui ont notamment reproché sa décision de choisir en 2011 le système d‘exploitation de son ancien employeur Microsoft pour la nouvelle gamme de smartphones Lumia, au lieu de conserver l‘OS maison Symbian.

“Vous êtes quelqu‘un de bien (...) et l‘équipe de direction fait de son mieux mais à l‘évidence ça ne suffit pas”, a dit l‘un d‘eux. “Etes-vous conscients que ce sont les résultats qui comptent? L‘enfer est pavé de bonnes intentions; s‘il vous plait, changez de cap!”

Le changement de système d‘exploitation (OS) a pris deux ans et même si les ventes de Lumia ont augmenté, elles font pâle figure face à celles des modèles haut de gamme d‘Apple ou de Samsung.

Quant à l‘action Nokia, elle n‘est plus que l‘ombre d‘elle-même, se traitant à 2,72 euros contre un pic de 65 euros en 2000.

Stephen Elop n‘en a pas moins confirmé son engagement envers l‘OS Windows Phone 8. “Nous pratiquons des ajustements à mesure que nous progressons mais (...) nous avons pris la décision claire et nette de nous en tenir à Windows Phone avec notre gamme Lumia”, a-t-il dit. “Et c‘est avec lui que nous affronterons des concurrents tels que Samsung et (l‘OS de Google) Android”.

Pour certains analystes, les ventes de Lumia ne peuvent assurer la survie de l‘entreprise. Nokia a vendu 5,6 millions de combinés Lumia au premier trimestre contre 4,4 millions le trimestre précédent, mais sa part de marché continue de stagner autour de 5%, alors que Samsung et Apple contrôlent à eux deux plus de la moitié du marché.

“Il a réussi à abaisser les coûts mais pas à augmenter la part de marché”, constate Magnus Rehle, de Greenwich Consulting. “Peut-être doivent-ils revenir vers Google et choisir Android même si ça passe mal. Microsoft a eu sa chance mais ne parvient pas à décoller”.

Sans solution de rechange à l‘horizon, vendre des smartphones moins coûteux aux marchés émergents est encore ce que Nokia peut faire de mieux, estiment des analystes.

“Sa meilleure chance de succès c‘est d‘éviter la confrontation directe avec Apple; il faut viser le milieu de gamme”, estime Brian Colello, analyste de Morningstar. “On parle plutôt de modèles à 300 dollars qu‘à 600 dollars; c‘est là qu‘on trouve les clients des marchés émergents et les clients qui s‘achètent leur premier smartphone”.

“Il a perdu la bataille des smartphones chers face à Samsung et à Apple. Dans le bas de gamme, les Chinois sont très concurrentiels mais il peut encore se battre dans les pays émergents”, estime Magnus Rehle.

Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Jean-Michel Bélot

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