Les M&A peinent à repartir, les télécoms en ébullition

jeudi 4 avril 2013 19h57
 

(Reuters) - Les grandes banques d'investissement internationales ont perçu 19,8 milliards de dollars (15,25 milliards d'euros) de commissions au premier trimestre, un montant en hausse de 6% sur un an, les commissions en fusions-acquisitions reculant toutefois de 11% en dépit d'un regain d'activisme dans certains secteurs comme les télécoms, selon des données Thomson Reuters.

Les commissions de M&A (fusions-acquisitions) sont ressorties à 3,9 milliards de dollars contre 4,4 milliards lors des trois premiers mois de 2012, reflétant le lent redémarrage des opérations.

"L'activité de M&A est cyclique et, à des phases d'expansion qui durent en général trois-quatre ans succèdent des creux d'une durée à peu près équivalente", a rappelé Hervé Mangin, gérant actions chez Axa IM, jeudi lors d'une conférence sur le M&A.

"La dernière phase d'expansion remonte à 2004-2007 et la phase de creux est cette fois un peu plus longue", a-t-il ajouté, rappelant qu'en volume l'activité de M&A est actuellement en retrait de près de 40% par rapport à sa moyenne sur dix ans, le recul atteignant près de 65% en Europe de l'Ouest.

Hervé Mangin, gérant du fonds Axa WF Framlington Europe Opportunities, souligne toutefois que plusieurs facteurs favorisent une reprise des opérations, les incertitudes politiques et financières de la zone euro constituant un frein indéniable à la croissance externe.

Il met notamment en avant le niveau élevé des liquidités dont disposent les entreprises, la propension des équipes dirigeantes à les investir plutôt qu'à les restituer aux actionnaires et des valorisations qui demeurent "très raisonnables" malgré la remontée des marchés.

"Dans une période où la demande est molle et les prix des matières premières volatils, la concentration est nécessaire dans certains secteurs pour maintenir le pouvoir de fixation des prix (pricing power)", note-t-il.

Il relève aussi que les acteurs émergents sont toujours à la recherche de nouvelles technologies et de nouveaux débouchés, et souligne qu'un environnement économique encore difficile dans les prochains trimestres devrait entraîner un ralentissement de la croissance bénéficiaire, favorisant les acquisitions.

Les opérations réalisées sont plutôt de taille moyenne en raison des difficultés réglementaires, de la plus grande prudence des dirigeants, voire de la réticence de certains actionnaires pour les très grosses opérations.   Suite...

 
Antennes de téléphonie mobile. Les grandes banques d'investissement internationales ont perçu 19,8 milliards de dollars (15,25 milliards d'euros) de commissions au premier trimestre, un montant en hausse de 6% sur un an, les commissions en fusions-acquisitions reculant toutefois de 11% en dépit d'un regain d'activisme dans certains secteurs comme les télécoms, selon des données Thomson Reuters. /Photo d'archives/REUTERS/Eric Gaillard