March 6, 2013 / 7:45 AM / 4 years ago

Samsung apporte une bouffée d'oxygène à Sharp

5 MINUTES DE LECTURE

Sharp lèvera 10,3 milliards de yens (110 millions de dollars, 85 millions d'euros) par le biais d'un placement destiné à Samsung Electronics, qui, après dilution, détiendra une participation de 3% dans le groupe d'électronique japonais. /Photo prise le 6 mars 2013/Yuya Shino

par Tim Kelly et Miyoung Kim

TOKYO/SEOUL (Reuters) - Samsung Electronics s'apprête à prendre une participation de 3% dans Sharp dans le cadre d'un accord capitalistique qui lui assurera la fourniture d'écrans tout en apportant une bouffée d'oxygène au groupe japonais, a-t-on appris mercredi auprès de trois sources au fait du dossier.

Le groupe sud-coréen d'électronique grand public investira 10,3 milliards de yens (110 millions de dollars, 85 millions d'euros) dans Sharp, au risque d'irriter son grand concurrent Apple dont le japonais fabrique les écrans d'iPod et d'iPad.

L'opération, qui doit être officialisée sous peu selon les médias japonais, a fait bondir Sharp de 14% à la Bourse de Tokyo, à 341 yens.

Avec cet investissement, Samsung deviendra un actionnaire de poids de Sharp aux côtés du fabricant de puces Qualcomm, qui en décembre avait accepté d'apporter jusqu'à 120 millions de dollars.

"Plus que le montant de l'investissement, c'est le partenariat avec Samsung qui est important pour Sharp. Il aura ainsi l'occasion d'utiliser la plate-forme de Samsung", relève Tetsuro Ii, directeur général du fonds d'investissement Commons AM à Tokyo.

L'accord tombe à point nommé pour Sharp qui cherche à augmenter sa production de LCD, notamment à son usine de Kameyama dans le centre du Japon. Le groupe, renfloué à hauteur de 4,4 milliards de dollars par ses banques en octobre, avait dû réduire sa production à Kameyama en début d'année en raison d'une baisse de la demande pour l'iPad au profit de l'iPad mini, dont il ne fournit pas les écrans.

Les analystes estiment que Sharp est le deuxième plus important fournisseur d'Apple après LG Display, filiale du conglomérat coréen LG.

Les accords transfrontaliers entre la Corée du Sud et le Japon sont rares et jamais encore un fabricant coréen de téléviseurs n'était entré au capital d'un concurrent nippon.

Les trois grands fabricants japonais de téléviseurs, Sharp mais aussi Sony et Panasonic, sont tous en difficulté, en partie à cause de la concurrence de Samsung sur les marchés étrangers.

"Il est possible que Samsung, en échange de son investissement, obtienne des prix préférentiels pour des composants", observe Yasuo Nakane, analyste chez Deutsche Bank.

Le sud-coréen, ajoute-t-il, pourrait peut-être aussi devenir partenaire des activités de Sharp dans les panneaux solaires, voire les racheter.

A ce jour, Sharp vend à Samsung des écrans LCD pour ses téléviseurs 32 pouces, 40 pouces et 60 pouces. Le groupe coréen se fournit aussi auprès de sous-traitants taïwanais.

Sharp sauvé ?

Même modeste, l'apport de Samsung constitue un précieux financement pour Sharp qui a vu capoter un accord de même teneur avec le taiwanais Hon Hai Precision Industry, ce dernier ayant voulu avoir son mot à dire sur la gestion du groupe.

Après avoir acquis l'an dernier le tiers de l'usine de Sharp à Sakai, dans l'ouest du Japon - la seule usine d'écrans LCD de 10e génération au monde - Hon Hai devait ensuite participer au plan de sauvetage du groupe japonais en prenant une participation de 9,9% mais il s'est finalement désisté, avaient indiqué le mois dernier des sources bien informées.

En échange du soutien de ses banques, Sharp s'est engagé à supprimer 10.000 emplois et à hypothéquer ses bureaux et usines au Japon. Selon des sources, le groupe pourrait vendre son usine chinoise d'assemblage de téléviseurs à Lenovo et négocie la vente de son usine mexicaine à Hon Hai.

L'investissement direct de partenaires étrangers constitue une alternative intéressante pour le groupe qui a du mal à emprunter sur les marchés compte tenu de ses notes de crédit en catégorie spéculative (B+ pour Standard & Poor's, B- pour Fitch, Moody's ayant retiré sa note en avril).

Qualcomm a investi en décembre la moitié des 120 millions de dollars promis, moyennant une participation de 2,64% après dilution. Le paiement de la deuxième moitié est conditionné au retour au bénéfice de Sharp sur le semestre clos fin mars.

A travers sa filiale Pixtronix, Qualcomm entend coopérer avec Sharp pour mettre au point de nouveaux écrans économes en énergie et basés sur la technologie IGZO développée par le japonais.

Véronique Tison pour le service français, édité par Dominique Rodriguez

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