29 janvier 2013 / 16:48 / dans 5 ans

Vente-privée.com revoit à la baisse ses ambitions américaines

par Pascale Denis et Dominique Vidalon

PARIS (Reuters) - Vente-privée.com va réduire ses ambitions aux Etats-Unis où son développement n‘a pas donné les résultats escomptés, dans un marché où la concurrence fait rage et où les modes de consommation limitent l‘attrait du déstockage en ligne.

Le pionnier des ventes de mode dites “flash” (des produits de déstockage vendus à prix cassés pendant un court laps de temps) s‘était lancé aux Etats-Unis fin 2011, en partenariat avec Américain Express, le géant américain des cartes de crédit.

Il ambitionnait alors d‘atteindre les 500 millions de dollars de chiffre d‘affaires en cinq ans. Mais à l‘issue de sa première années d‘existence, les ventes du site n‘excédaient pas 25 millions de dollars.

“Nous allons réduire nos ambitions en terme de développement pour parvenir à la rentabilité dans les deux ans”, a déclaré à Reuters Jacques-Antoine Granjon, fondateur et PDG du site, précisant viser un chiffre d‘affaires de 50 millions de dollars cette année aux Etats-Unis.

Il a reconnu que le marché américain était “difficile”.

Car le modèle des ventes “flash” inventé par le site français en 2001 a été largement copié depuis outre-Atlantique (Gilt Groupe, Rue La La) et la pratique du “discount” y est omniprésente, dans des magasins de dépôt ou des grandes chaînes comme T.J. Maxx ou Marshalls.

Mais Jacques-Antoine Granjon estime pouvoir intéresser le consommateur américain avec des offres très ciblées de produits européens. Les ventes de doudounes de luxe Moncler ou de couettes de lit Drouault y ont remporté un grand succès, a-t-il dit.

CHIFFRE D‘AFFAIRES 2012 EN HAUSSE DE 22%

Vente-privée, qui réalise encore l‘essentiel (80%) de ses ventes en France, a vu son chiffre d‘affaires grimper de 22% à 1,3 milliard d‘euros en 2012, faisant nettement mieux que les grands sites de e-commerce français (+7%) dont la croissance a été freinée par la crise.

Sa rentabilité nette s‘est élevée à 5%, a précisé le PDG.

Interrogé sur ses perspectives de croissance en 2013, Jacques-Antoine Granjon a évoqué le “marasme ambiant” et ajouté ne pas être certain de réitérer les 22% de 2012. “En tout cas, nous aurons une croissance à deux chiffres”, a-t-il prédit.

Le site, qui comptait 18 millions de membres en Europe à la fin 2012, ambitionne de franchir la barre des 20 millions cette année. Présent dans huit pays européens (Allemagne, Espagne, Italie, Royaume-Uni, Belgique, Autriche et Pays-Bas), il souhaite monter en puissance sur le vieux continent et y réaliser 50% de ses ventes d‘ici trois ans.

Pour doper sa croissance et limiter sa dépendance vis-à-vis des marques et de leurs - fluctuants - déstockages, Vente-privée s‘est récemment diversifié dans le voyage, le vin ou la billetterie de spectacles.

Nouvelle corde à son arc, la société vient de racheter, pour 6,0 à 7,0 millions d‘euros, la société d‘exploitation du Théâtre de Paris, théâtre privé de 1.100 places situé dans le 9e arrondissement de la capitale.

Elle entend ainsi faire de la coproduction de spectacles (sans frais publicitaires, grâce à l‘utilisation de sa gigantesque base de clients) et vendre des billets (sans frais d‘intermédiaire) à prix serrés. Et pour remplir le théâtre, elle aura recours aux techniques dites du “yield management” consistant à offrir les invendus à la dernière minutes à prix cassés.

AUTOFINANCEMENT

Le PDG de Vente-privée et ses associés, détiennent près de 80% du capital du groupe, les 20% restants appartenant au fonds d‘investissement américain Summit Partners depuis 2007. Lors de son entrée au capital, la valorisation du groupe avait alors été estimée aux environ d‘un milliard d‘euros. Elle pourrait avoir triplé depuis lors, selon des analystes.

Balayant les spéculations récurrentes sur une éventuelle introduction en Bourse, Jacques-Antoine Granjon a affirmé que le groupe n‘avait nul besoin d‘argent frais et précisé que sa trésorerie nette de 200 millions d‘euros et son absence de dette lui permettait d‘autofinancer son développement.

Il a également regretté la difficulté d‘entreprendre en France et “l‘absence totale de vision des gouvernements français successifs”, mais a assuré qu‘il resterait dans l‘Hexagone.

“Je reste en France, j‘ai 50 ans. Mais je comprends ceux qui ont envie d‘aller voir ailleurs”, a-t-il dit.

Edité par Jean-Michel Bélot

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