January 24, 2013 / 8:46 AM / 5 years ago

Rebond en vue pour les équipementiers de réseaux télécoms

6 MINUTES DE LECTURE

Professionnels et analystes voient les Etats-Unis, le Brésil et la Chine alimenter la croissance par une augmentation des investissements dans les réseaux 4G. L'Europe, en revanche, est menacée d'une nouvelle stagnation. /Photo d'archives/Kacper Pempel

par Leila Abboud

PARIS (Reuters) - Les opérateurs télécoms augmenteront sans doute leurs investissements dans les réseaux cette année, une hausse bienvenue pour des équipementiers tels qu'Alcatel-Lucent et Ericsson après la vive contraction de 2012 dans un contexte économique généralement morose.

Professionnels et analystes voient les Etats-Unis, le Brésil et la Chine alimenter la croissance par une augmentation des investissements dans les réseaux 4G.

L'Europe, en revanche, est menacée d'une nouvelle stagnation. Des opérateurs tels que Vodafone et France Télécom commencent à promouvoir la 4G mais ils sont beaucoup plus circonspects que les américains Verizon et AT&T, de crainte que leurs investissements ne payent pas en Europe, où les tarifs mobiles sont plus bas.

Le cabinet spécialisé Gartner prévoit une croissance des ventes d'équipements aux opérateurs télécoms de 2,3% à 79 milliards de dollars (59,2 milliards d'euros) cette année, après une baisse de 6,6% à 77,3 milliards en 2012. La croissance sera de 4% en Amérique du Nord et en Amérique latine et de 3,6% en Asie hors-Japon.

Infonetics Research est beaucoup plus optimiste, projetant jusqu'à 13% de croissance cette année après une stagnation en 2012. L'analyste Stéphane Teral explique ce boom par un phénomène de rattrapage des investissements qui n'ont pas été consentis l'an passé.

Le chinois Huawei, numéro deux mondial des équipementiers télécoms derrière Ericsson par le chiffre d'affaires, projette 5% de croissance cette année. Le groupe est écarté de fait du marché américain pour des raisons de sécurité.

Ses concurrents pourraient livrer leur propre prévision à l'occasion de leurs résultats annuels, ce jeudi pour Nokia Siemens Networks, le 31 janvier pour Ericsson et le 7 février pour Alcatel-Lucent.

Concurrence Agressive Des Chinois

"Les opérateurs télécoms ont tendance à être prudents en ce qui concerne leurs investissements et cette tendance n'est pas près de disparaître. Je ne crois pas que cette année sera d'un grand soulagement pour les grands équipementiers en termes de croissance du chiffre d'affaires", dit Deborah Kish, analyste de Gartner.

"Là où les opérateurs ont le plus besoin d'aide, c'est dans la conception et l'intégration de réseaux de plus en plus complexes et dans la minimisation des pannes lors des pointes de trafic mobile. Cela exige souvent des solutions logicielles et un conseil technique, pas seulement le matériel que les cinq grands équipementiers ont l'habitude de vendre".

Ericsson, NSN et Alcatel-Lucent proposent aussi des solutions logicielles et de gestion externalisée des réseaux mais ils ne sont pas toujours autant à l'aise dans un rôle de consultant face aux nouveaux concurrents que sont IBM et Wipro.

Par ailleurs, l'explosion du marché des tablettes et des smartphones, gourmand lui aussi en bande passante, ne s'est pas révélé bénéfique pour les équipementiers des réseaux.

La concurrence agressive des chinois Huawei et ZTE a en outre provoqué une déflation des tarifs et une érosion des marges.

La pression sur les prix s'est en partie atténuée parce qu'un groupe tel que Huawei n'a plus besoin de gagner des parts de marché au détriment des marges. En revanche, ZTE et Samsung, soucieux de se diversifier dans la technologie 4G dite LTE, n'hésitent pas à casser les prix pour décrocher des contrats majeurs.

Les Pressions Perdureront

Ericsson et NSN ont aussi parfois transigé sur les prix pour conserver certains clients, selon des sources du secteur, acceptant des marges plus faibles sur des contrats de modernisation de réseaux 3G en Europe.

La marge d'Ericsson s'est réduite de près de moitié en l'espace de six ans, pour tomber à 10% sur la période janvier-septembre 2012. Alcatel-Lucent n'a pu renouer avec une profitabilité régulière depuis sa création en 2006.

Huawei affichait une marge opérationnelle de 7% en 2006 puis de 15-16% en 2009-2010 et enfin de 9% en 2011, dernier exercice pour lequel elle est disponible.

Peu nombreux sont les professionnels du secteur à penser que les pressions de fond qui s'exercent sur les équipementiers s'apaiseront notablement cette année.

Pour mettre un terme à deux trimestres déficitaires en 2012, Alcatel-Lucent, numéro quatre du marché mobile avec une forte présence sur le très lucratif marché américain, a entrepris de réduire ses coûts de 1,25 milliard d'euros et d'emprunter.

NSN s'est renforcé l'an passé par le biais d'une restructuration d'envergure qui passe par la suppression d'activités non stratégiques et de 17.000 emplois pour économiser 1,34 milliard de dollars d'ici la fin 2013. La coentreprise a publié un résultat opérationnel positif durant les trois derniers trimestres.

Stéphane Teral pense que quatre au moins des cinq premiers équipementiers mondiaux s'en tireront parce que les opérateurs ne veulent pas avoir un choix limité à deux fournisseurs seulement. "Je crois dur comme fer que NSN est parti pour être numéro 2 ou 3; cela dépendra de la manière dont la dynamique du marché affecte les trimestres à venir".

Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Benoit Van Overstraeten

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