La France veut lutter contre les tweets homophobes et racistes

mercredi 9 janvier 2013 13h24
 

PARIS (Reuters) - La ministre française des Droits des femmes va s'entretenir mercredi par téléphone avec le vice-président de Twitter des moyens de lutter contre la diffusion en France de messages à caractère homophobe et raciste sur le site de microblogging.

Plusieurs associations se sont inquiétées en octobre dernier de la propagation de propos racistes et antisémites sur Twitter. Depuis, des tweets homophobes ont également été repérés via le hashtag (thème de discussion) #SiMonFilsEstGay.

La ministre, Najat Vallaud-Belkacem, a annoncé son intention de lancer un dialogue avec Twitter à ce sujet. "C'est la poursuite de ce dialogue", a-t-on expliqué mercredi à son cabinet, où l'on juge que Twitter est "extrêmement sensible" à ces questions malgré la différence de législation entre la France et les Etats-Unis.

Dans une tribune publiée fin décembre dans Le Monde, Najat Vallaud-Belkacem se disait favorable à ce que Twitter examine les conditions de mise en place de dispositifs de lutte contre les infractions aux lois locales en matière de "provocations" ou "d'injures". Elle préconisait, en attendant, la suppression ou le blocage des tweets "manifestement illicites".

"L'entreprise Twitter doit trouver des solutions pour que des messages envoyés depuis notre territoire, dans notre langue et à destination de nos concitoyens ne portent pas une atteinte manifeste aux principes que nous avons fixés", écrivait-elle

Twitter ne contrôle pas a priori le contenu posté sur son site. En cas de signalement d'un tweet abusif, la compagnie ouvre une enquête qui peut mener à la suspension d'un compte.

Depuis un an, elle dispose en outre d'un filtre de censure par pays. Ce filtre a été utilisé pour la première fois en octobre pour bloquer les messages d'un groupe d'extrême droite de Hanovre, interdit par les autorités allemandes.

"C'est l'un des sujets qui sera évoqué tout à l'heure", a dit à Reuters un conseiller de la ministre.

L'Union des étudiants juifs de France (UEJF) a assigné la compagnie en justice pour la contraindre à mettre en place un système de signalement des comptes avec un contenu illicite et à lui communiquer l'identité des auteurs de tweets antisémites.

La décision a été mise en délibéré au 24 janvier, précise l'UEJF qui dit "espérer" que les négociations entre le gouvernement et Twitter aboutissent.

Chine Labbé, édité par Gilles Trequesser