4 janvier 2013 / 12:27 / dans 5 ans

Free attaque Google par la pub, les sites gratuits menacés

PARIS (Reuters) - La “Freebox” nouvelle version du deuxième fournisseur français d‘accès à internet et son blocage par défaut de la publicité en ligne menace le modèle économique des sites gratuits qui en vivent, estime le ministère à l‘Economie numérique.

Selon des spécialistes d‘internet, ce pourrait être de la part de Free, filiale d‘Iliad, une tentative de faire pression sur les fournisseurs de contenus comme Google pour qu‘ils financent en partie les infrastructures.

La ministre Fleur Pellerin a fait savoir vendredi qu‘elle recevrait lundi les responsables de Free et les représentants des autres acteurs concernés pour en discuter.

La dernière mise à jour de la “Freebox Révolution”, disponible depuis jeudi, bloque par défaut les bannières et autres fenêtres ou liens publicitaires. S‘il veut voir ces publicités, l‘internaute doit activer volontairement une option.

La mise en place par Free de ce dispositif intervient sur fond de conflit entre l‘opérateur français et le géant mondial américain Google sur le financement de la bande passante.

La ministre de l‘Economie numérique refuse pour le moment d‘établir un lien entre ce différend et la mise à jour proposée par Free, fournisseur d‘accès de plus de quatre millions de foyers en France. Mais Fleur Pellerin laisse entendre que cela sera sans doute un sujet abordé lundi.

“Je ne sais pas si les deux choses sont liées. Si elles le sont, je pense que c‘est de cela qu‘il faut qu‘on parle (...) pour avoir une solution d‘ensemble”, a-t-elle dit à i>TELE.

Dans un message envoyé sur son compte Twitter dans la nuit de jeudi à vendredi, elle s‘était déclarée “peu fan de la publicité intrusive” mais pas favorable non plus à un blocage par défaut des bannières et fenêtres publicitaires.

COUP DUR

“Ça bouscule le modèle économique de beaucoup de gens et c‘est installé sans accord de l‘internaute”, explique son entourage. “Elle préférerait que le filtrage publicitaire proposé par Free ne soit pas automatique et plutôt que ce soit une option.”

Le ministère évalue à 5% maximum le pourcentage d‘abonnés à Free susceptibles de faire cette démarche volontaire.

“Ça n‘a aucun rapport, économiquement, avec un blocage automatique”, explique-t-on de même source. “C‘est tout le modèle économique des sites internet gratuits reposant sur la publicité qui serait potentiellement affecté.”

Le lancement de la Freebox actualisée a suscité une avalanche de réactions sur la “toile”.

Le créateur de médias sociaux Benoît Raphaël a ainsi dit sur son blog voir dans la démarche de Free un “coup dur porté à la presse en ligne gratuite”.

Il se demande si Free veut tuer les “pure-players”, ces sites d‘information qui n‘existent qu‘en ligne.

“Les conséquences pour les blogs financés par la pub seraient dramatiques”, renchérit sur Twitter l‘entrepreneur Pierre-Olivier Carles, qui voit dans cette décision un “attentat de plus contre la neutralité” du web.

Pour CM-CIC Securities, le blocage automatique proposé par Free vise à faire pression sur les fournisseurs de contenu, afin qu‘ils contribuent au financement des réseaux de télécommunication qu‘ils utilisent.

“Il est vraisemblable qu‘Iliad parvienne à ses fins et puisse ainsi monnayer l‘accès à ses abonnés mais il est trop tôt à ce stade pour évaluer le montant des revenus qu‘il pourra en tirer”, ajoute-t-on de même source.

Iliad a refusé jusqu‘ici de commenter cette affaire et les réactions qu‘elle suscite.

Chine Labbé et Emmanuel Jarry avec Alexandre Boksenbaum-Granier, édité par Yves Clarisse

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