2012: la révolution de l'informatique mobile

jeudi 20 décembre 2012 13h55
 

par Claude Chendjou

PARIS (Reuters) - La scène se passe en juin 2010 en Californie, deux mois après la sortie du premier iPad. Invité à une conférence sur les technologies, Steve Jobs, frêle et émacié, prédit le déclin inéluctable des ordinateurs traditionnels au profit des tablettes tactiles.

"Quand nous étions une nation agraire, toutes les voitures étaient des camions, parce que c'est ce dont on avait besoin à la ferme", explique-t-il. "Mais à partir du moment où les véhicules ont commencé à être utilisés dans les villes, les voitures sont devenues plus populaires. Les PC vont connaître le même sort que les camions. Ils seront toujours là (...) mais ils seront utilisés par une personne sur dix".

A l'époque, la vision du défunt patron d'Apple fait sourire. Le fondateur d'Acer, Stan Shih, juge par exemple que "les tablettes sont un effet de mode".

Deux ans plus tard, la prédiction ne fait plus débat: l'accès aux contenus multimédias et la navigation sur internet ne sont plus l'apanage des PC. L'année 2012 aura ainsi consacré le raz-de-marée des appareils mobiles au détriment du PC.

Et cette transition n'a pas fait que des gagnants: Hewlett-Packard a ainsi englouti en vain plus d'un milliard de dollars dans le rachat de Palm sans parvenir à prendre pied sur le marché de la mobilité et a finalement jeté l'éponge en début d'année.

Les marques japonaises comme Sony, autrefois championnes de l'électronique grand public, n'ont semble-t-il rien vu venir.

Pire: le géant des puces Intel, incontournable sur le marché du PC, ne dispose que de 1% de part de marché dans les smartphones. Un échec qui a coûté son poste à son PDG, Paul Otellini, aujourd'hui sur le départ.

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L'année 2012 a consacré le raz-de-marée des appareils mobiles au détriment du PC, l'accès aux contenus multimédias et la navigation sur internet n'étant désormais plus l'apanage des PC. /Photo d'archives/REUTERS/Adam Hunger