October 19, 2012 / 2:48 PM / 5 years ago

La Silicon Valley affectée par la révolution mobile

6 MINUTES DE LECTURE

<p>Les r&eacute;sultats trimestriels d&eacute;cevants publi&eacute;s cette semaine par Intel, Microsoft, Google et AMD refl&egrave;tent les difficult&eacute;s des entreprises de la Silicon Valley - tant la vieille garde que la nouvelle - &agrave; tirer profit du transfert progressif de la demande des bons vieux PC vers les appareils mobiles, glissement tectonique le plus radical de l'histoire du secteur depuis l'apparition d'internet. /Photo d'archives/Anatolii Stepanov</p>

par Poornima Gupta

SAN FRANCISCO (Reuters) - La prolifération de produits multimédias toujours plus sophistiqués comme les smartphones et les tablettes n'empêche pas de grands groupes du secteur des technologies de peiner pour continuer à dégager des revenus réguliers de ces activités.

Les résultats trimestriels décevants publiés cette semaine par Intel, Microsoft, Google et AMD reflètent les difficultés des entreprises de la Silicon Valley - tant la vieille garde que la nouvelle - à tirer profit du transfert progressif de la demande des bons vieux PC vers les appareils mobiles, glissement tectonique le plus radical de l'histoire du secteur depuis l'apparition d'internet.

Ces résultats sont de mauvais augure pour ceux attendus la semaine prochaine des sociétés qui dépendent largement de la publicité et des applications sur mobiles. Notamment Facebook, qui a déclenché un vent de panique en annonçant juste avant son introduction en Bourse que ses prévisions dans le mobile étaient trop optimistes.

Amazon et Apple devraient faire mieux, estiment des analystes. Apple, qui publie ses résultats jeudi, à dû faire face à des problèmes de capacité de production et d'approvisionnement, mais les analystes voient ces difficultés d'un bon oeil dans la mesure où elles découlent de l'explosion de la demande de matériel informatique pour mobiles.

Pendant ce temps, Amazon et eBay arrivent à trouver une nouvelle clientèle grâce aux applications mobiles, en particulier Amazon avec ses tablettes à bas prix Kindle Fire. Environ 800.000 consommateurs ont réalisé leur premier achat sur le site de commerce eBay à partir d'un appareil mobile.

Mais d'autres sociétés sont à la peine.

"Les entreprises se rendent compte que ce n'est pas facile de trouver une formule qui marche avec le mobile", souligne l'analyste de Gartner Carolina Milanesi. "Le mobile ne s'avère pas aussi simple que nous l'avions imaginé."

Ces difficultés s'ajoutent à un environnement économique dégradé.

COÛT MOYEN DU "CLIC"

La plus grande surprise est venue de Google, dont la valorisation boursière a chuté jeudi de plus de 20 milliards de dollars (15,3 milliards d'euros) à la suite de l'annonce d'un ralentissement de la croissance de ses revenus publicitaires. Certains analystes, parmi les plus sceptiques, jugent que ce ralentissement n'a rien de ponctuel.

"Le coût moyen du clic (un baromètre qui détermine le prix que payent les annonceurs au moteur de recherche) a reculé pour le quatrième trimestre d'affilée, après avoir augmenté pendant huit mois consécutifs. C'est un élément négatif. C'est le problème du mobile", résume l'analyste de BGC Colin Gillis.

Le directeur général de Google, Larry Page, a cependant estimé que le transfert de la demande vers les appareils mobiles représentait en réalité une opportunité à long terme.

"Nous sommes vraiment en train d'entrer dans une nouvelle réalité", a-t-il dit à des analystes lors d'une conférence téléphonique. "Cela va créer un immense champ d'opportunités pour les annonceurs, auquel ils (...) s'adapteront avec dynamisme, cherchant parmi une multitude de supports différents à atteindre le bon public au bon moment."

Les sociétés internet en Chine, plus gros marché de la planète en nombre d'utilisateurs, ont aussi du mal à dégager des bénéfices avec leur clientèle passée du PC au mobile. Le moteur de recherche chinois Baidu a chuté en Bourse la semaine dernière à la suite de l'abaissement de la recommandation de Credit Suisse sur e titre, à "sous-performance", en raison des inquiétudes concernant ses perspectives de profits.

Fin juin, le nombre d'utilisateurs chinois accédant à internet via leur téléphone mobile a dépassé celui des personnes qui y accèdent à partir de leur ordinateur personnel.

Mais il est possible que les plus durement touchés soient Intel et les autres sociétés dont les résultats dépendent de la chaîne de production de PC. Alors qu'Intel dominait ce marché au départ, sa part dans les smartphones est à moins de 1%.

L'ancien concurrent d'Intel, AMD, est encore en plus mauvaise posture, ayant annoncé cette semaine une réduction de 15% de ses effectifs, soit plus de 1.600 personnes, dans le cadre d'un plan de réduction de coûts.

Jeudi, Microsoft a annoncé pour sa part une chute de 22% de son bénéfice trimestriel en raison de la baisse des ventes d'ordinateurs sur lesquels tourne son système Windows.

En revanche, les entreprises qui réussissent le mieux sont celles qui ont déjà un pied dans le secteur mobile et le connaissent de longue date. Ainsi, Verizon Communications a publié cette semaine un bénéfice trimestriel record grâce aux performance de ses activités de téléphonie mobile avec le lancement de l'iPhone 5 d'Apple.

Juliette Rouillon pour le service français, édité par Dominique Rodriguez

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