STMicro teste les limites avec le modèle "labfab" en Europe

jeudi 18 octobre 2012 17h56
 

par Marc Joanny

CROLLES, Isère (Reuters) - Les boîtes sous vide de plaquettes de silicium se déplacent le long de rails fixés au plafond et les robots les déplacent vers d'autres automates pour une nouvelle étape du long processus de fabrication d'un lot de microprocesseurs.

Etrangers à l'agitation qui entoure STMicroelectronics depuis l'annonce par le septième fabricant mondial de semi-conducteurs d'une revue stratégique de ses activités qui devrait déboucher en décembre, les robots de l'usine de Crolles, près de Grenoble, poursuivent le traitement des tranches de silicium au rythme de près de 11.000 unités par semaine.

Etablie sur un site de 40 hectares, cette usine comprend deux unités de production pour le traitement de plaquettes de silicium de 200 et 300 millimètres qui ont nécessité des investissements de 2,25 et 1,7 milliard de dollars respectivement, explique son directeur.

Elle emploie plus de 5.000 personnes directement et 15.000 indirectement, précise Gérard Matheron, également en charge des Affaires publiques pour le groupe franco-italien.

Dans la salle blanche de 10.000 m2 du bâtiment Crolles 300, 450 machines robotisées s'activent 24 heures sur 24 et 365 jours par an, pilotées par un système informatique et une centaine d'opérateurs par vacation, tous au moins bacheliers.

Dans une industrie des semi-conducteurs où les limites de la miniaturisation sont sans cesse repoussées, mécanisation, automatisation et production en salles blanches sont incontournables.

ROBOTS DÉLOCALISÉS

Impossible sinon d'envisager la production de circuits de 20 nanomètres - un nanomètre équivaut à un milliardième de mètre, soit un trait 500.000 fois plus fin que celui d'un stylo bille - d'éviter les erreurs humaines dans la conduite des machines ou de minimiser les risques d'impuretés qui obligeraient la mise au rebut de lots dont le processus de production peut comporter jusqu'à 400 opérations et durer de trois semaines à trois mois.   Suite...