Sony, géant déchu, peine à remonter la pente

jeudi 4 octobre 2012 12h40
 

par Tim Kelly

SINGAPOUR (Reuters) - Le directeur général de Sony, Kazuo Hirai, a dépensé 1,8 milliard de dollars en trois mois dans des actifs allant du matériel médical au jeu en ligne, dispersion qui inquiète des investisseurs qui y voient surtout une dilapidation des finances au service d'une stratégie brouillonne.

Kazuo Hirai, qui a passé près de 30 années de carrière chez Sony, a été nommé à la tête du groupe en avril avec pour objectif affiché de redorer le blason de la marque par une stratégie orientée sur trois axes: le jeu, l'imagerie numérique et les matériels mobiles.

Depuis lors, la valorisation boursière de Sony, qui a accumulé quatre exercices déficitaires consécutifs, a fondu de plus de six milliards d'euros. Fin juin, son ratio de fonds propres était tombé à moins de 15%, alors que le seuil de 20% est considéré comme un minimum.

"Il y a des signes de changement mais ce n'est qu'un début", commente Tetsuro Ii, directeur général de Commons Asset Management. "De ce que l'on en a vu jusqu'à présent, cette stratégie apparaît fragmentée et les investissements ne seront pas des moteurs du profit. Il devrait sans doute expliquer mieux sa vision de ce nouveau Sony".

Soumis à la rude concurrence d'Apple et de Samsung, les gloires japonaises de l'électronique mangent à présent leur pain noir. C'est plus particulièrement le cas de Sharp, un pionnier de la télévision, auquel ses banques ont dû apporter la semaine plus de 3,5 milliards d'euros pour lui éviter une crise de liquidité.

Sony est loin d'être dans la même situation que Sharp mais pour autant, son CDS à cinq ans, instrument mesurant le coût de l'assurance pour se préserver d'un défaut de paiement de sa part, a doublé à plus de 400 points de base depuis que Kazuo Hirai a repris les rênes du groupe.

Les analystes jugent les prévisions de résultats de Sony par trop optimistes. Sa politique d'acquisition met ses finances à mal et sa note de crédit se rapproche de la catégorie spéculative. Standard & Poor's a réduit sa note le 25 septembre, la ramenant à deux crans du "junk". Moody's doit se prononcer d'ici novembre.

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<p>Au salon de l'&eacute;lectronique CEATEC, pr&egrave;s de Tokyo. Alors que Sony a d&eacute;pens&eacute; 1,8 milliard de dollars en trois mois dans des actifs allant du mat&eacute;riel m&eacute;dical au jeu en ligne, cette dispersion inqui&egrave;te des investisseurs qui y voient surtout une dilapidation des finances au service d'une strat&eacute;gie brouillonne. /Photo prise le 2 octobre 2012/REUTERS/Yuriko Nakao</p>