Le rachat d'Orange Autriche par Hutchison, OPA à valeur de test

lundi 13 août 2012 16h11
 

par Leila Abboud

PARIS (Reuters) - C'est une petite acquisition dans un petit pays, mais l'opération pourrait être lourde d'implications pour l'avenir du secteur européen de la téléphonie mobile.

Hutchison Whampoa, groupe de Hong Kong déjà propriétaire du numéro trois autrichien de la téléphonie mobile, veut mettre la main sur le numéro quatre Orange Autriche, filiale de France Télécom, pour se renforcer et améliorer sa rentabilité sur l'un des marchés des télécoms les plus concurrentiels en Europe.

Mais la Commission européenne a ouvert fin juin une enquête approfondie sur cette OPA à 1,3 milliard d'euros lancée en février. Elle a expliqué que la fusion ferait passer le nombre d'opérateurs mobiles en Autriche de quatre à trois et que la CE doit donc s'assurer que cette concentration n'aboutira pas à une hausse des tarifs pour le consommateur.

A première vue, la décision - attendue d'ici au 27 novembre - peut paraître minime dans un pays de 8,2 millions d'habitants. Mais entreprises de télécoms et investisseurs examineront à la loupe le verdict de Bruxelles dans la mesure où celui-ci pourrait ouvrir la voie à une consolidation dans d'autres marchés européens bien plus importants comme l'Allemagne, l'Italie ou l'Espagne qui comptent eux aussi quatre opérateurs de téléphonie mobile.

La France aussi dispose de quatre opérateurs depuis l'arrivée tonitruante, en janvier, de Free Mobile, filiale d'Iliad. Free a bousculé le secteur français du mobile en lançant deux offres à des prix nettement inférieurs aux standards du marché. Et des analystes se demandent maintenant si la France a les moyens de s'offrir quatre opérateurs.

UNE CONSOLIDATION JUGÉE NÉCESSAIRE

"Tout le monde dans le secteur s'accorde à dire que le marché a besoin d'une consolidation, mais les dirigeants sont terrifiés à l'idée que les autorités de la concurrence puissent ne pas les y autoriser", souligne Michael Grenfell, associé au cabinet d'avocats Norton Rose et spécialiste des questions de concurrence.

"L'issue du dossier autrichien nous dira si des rapprochements qui font tomber de quatre à trois le nombre d'opérateurs sur un marché peuvent être autorisés et, si oui, quand ces fusions peuvent être autorisées", poursuit l'avocat.   Suite...

 
<p>Boutique Orange, &agrave; Vienne, en Autriche. Hutchison Whampoa, groupe de Hong Kong d&eacute;j&agrave; propri&eacute;taire du num&eacute;ro trois autrichien de la t&eacute;l&eacute;phonie mobile, veut mettre la main sur le num&eacute;ro quatre Orange Autriche, filiale de France T&eacute;l&eacute;com, pour se renforcer et am&eacute;liorer sa rentabilit&eacute; sur l'un des march&eacute;s des t&eacute;l&eacute;coms les plus concurrentiels en Europe, mais la Commission europ&eacute;enne a ouvert fin juin une enqu&ecirc;te approfondie. /Photo prise le 3 f&eacute;vrier 2012/REUTERS/Heinz-Peter Bader</p>