Telefonica contrainte à l'austérité, comme l'Espagne

jeudi 26 juillet 2012 17h46
 

par Clare Kane et Leila Abboud

MADRID (Reuters) - La décision de Telefonica de supprimer son dividende pour la première fois depuis la guerre civile espagnole des années 1930 illustre une menace qui concerne de nombreuses entreprises du pays: celle de voir l'intensification de la crise économique rendre leur endettement insoutenable.

Le groupe de télécoms a choqué les investisseurs mercredi soir avec cette décision inattendue, censée lui permettre de conserver une note financière en catégorie d'investissement, un statut aujourd'hui remis en cause par deux agences de notation, alors que sa dette avoisine 57 milliards d'euros.

Telefonica avait pourtant, comme d'autres géants espagnols tels le pétrolier Repsol et la banque Santander, longtemps vu dans sa présence internationale un bouclier contre les vicissitudes du marché espagnol, fragilisé par l'éclatement de la bulle immobilière il y a quatre ans.

Mais alors que l'Espagne est sous le feu de la crise de la dette en zone euro, les entreprises du pays peinent elles aussi à se financer sur les marchés et s'activent pour réduire un endettement massif hérité des années fastes.

Les coûts d'emprunt de l'Espagne, auxquels sont étroitement liés ceux des entreprises du pays, se sont détendus jeudi après les déclarations de Mario Draghi selon lesquelles la Banque centrale européenne est prête, dans le cadre de son mandat, à faire tout son possible pour assurer la pérennité de l'euro.

Ces coûts restent néanmoins à un niveau jugé insoutenable à moyen terme et pour Telefonica, la question clé est de savoir si la suppression de son dividende et son programme de cessions d'actifs suffiront à préserver sa note de crédit.

Standard & Poor's a abaissé la note du groupe à BBB en mai et Moody's l'a placée sous surveillance négative.

Telefonica, qui doit lever sept à huit milliards d'euros par an jusqu'en 2015 pour honorer ses échéances, a assuré mercredi soir que ses remboursements étaient couverts jusqu'à fin 2013 par les liquidités dégagées grâce à la suppression du dividende et à celle des rachats d'actions cette année.   Suite...

 
<p>La d&eacute;cision de Telefonica de supprimer son dividende pour la premi&egrave;re fois depuis la guerre civile espagnole des ann&eacute;es 1930 illustre une menace qui concerne de nombreuses entreprises du pays: celle de voir l'intensification de la crise &eacute;conomique rendre leur endettement insoutenable. /Photo d'archives/REUTERS/Susana Vera</p>