Tout le monde peut-il vraiment devenir trader ?

mardi 17 juillet 2012 11h34
 

PARIS (Reuters) - Alors que les succès et déboires des "golden boys" suscitent fascination et rejet de la part de l'opinion, certaines plates-formes en ligne proposant aux particuliers de devenir traders préoccupent de plus en plus les pouvoirs publics en France.

A plusieurs reprises, l'Autorité des marchés financiers (AMF) a ainsi publié des mises en garde contre des sites proposant du trading d'options binaires, des produits financiers dérivés, le 3 février 2012 et le 11 mai 2011, et contre des plates-formes donnant accès au marché des devises, le Forex.

Pourtant, des annonces publicitaires disséminées sur la toile continuent de faire miroiter des possibilités de gains faciles aux internautes.

Depuis l'entrée en vigueur dans l'Hexagone en 2007 de la directive européenne "marchés d'instruments financiers" (MiFID, 21 avril 2004), de nombreux produits financiers sont désormais accessibles aux particuliers. Néanmoins, ces instruments sont généralement complexes, et inadéquats pour des utilisateurs inexpérimentés.

Les options binaires, produits les plus régulièrement épinglés par l'AMF, sont des dérivés financiers rattachés à une variation sur les marchés, par exemple l'augmentation du prix d'une action et paient un rendement élevé s'il y a lieu. Mais ils présentent surtout le risque majeur pour les traders en herbe de ne pas garantir le capital engagé. Par exemple, lorsque l'investisseur achète une option binaire payant une prime pour l'augmentation du CAC 40, si l'indice boursier français chute, il perdra toute sa mise.

De même, l'effet de levier, souvent mal compris par les néophytes, est vanté par les annonceurs comme pouvant multiplier les gains jusqu'à 400 fois. Mais il expose aussi l'investisseur à des multiplications de pertes équivalentes, insoutenables si son patrimoine financier s'avère trop faible.

"ARRÊTEZ DE TRAVAILLER"

En théorie, la directive européenne oblige les prestataires de services d'investissement à n'ouvrir de compte qu'à des clients avertis. Les opérateurs autorisés en France s'y conforment en soumettant les clients à des tests préalables. Mais certains acteurs exerçant hors de l'UE, ou dans des Etats de l'Union à la régulation plus lâche, comme Chypre, n'en tiennent pas compte.

"Comme ces produits ne sont pas agréés par un régulateur, les clients ne bénéficient d'aucune des protections habituelles lorsqu'ils passent par un établissement financier autorisé. (...) Par exemple, les plates-formes non autorisées n'appliquant pas les règles de la directive des marches d'instruments financiers sur l'adéquation du produit au besoin des clients, il n'y aura que peu de possibilités de recours. si le client estime ne pas avoir été correctement conseillé et informé sur les risques du produit", observe Natalie Lemaire, directrice des relations épargnants à l'AMF.   Suite...

 
<p>Alors que les succ&egrave;s et d&eacute;boires des "golden boys" suscitent fascination et rejet de la part de l'opinion, certaines plates-formes en ligne proposant aux particuliers de devenir traders pr&eacute;occupent de plus en plus les pouvoirs publics en France. /Photo d'archives/REUTERS/Jo Yong-Hak</p>