Le Wikipedia russe fermé pour protester contre une loi internet

mardi 10 juillet 2012 17h00
 

MOSCOU (Reuters) - La version russe de l'encyclopédie en ligne Wikipedia a fermé son site mardi à l'occasion d'une journée de protestation contre le projet que nourrit selon elle Vladimir Poutine de créer sa propre version de la "Grande muraille internet de Chine" afin de bloquer les contestations sur internet.

Les partisans d'amendements à la loi de l'information russe, qui ont été proposés par le parti majoritaire Russie unie et seront discutés au parlement mercredi, invoquent des changements nécessaires pour protéger les enfants des sites malicieux.

Mais les meneurs de la contestation anti-Poutine avancent que la nouvelle loi pourrait entraîner la fermeture de sites comme Facebook et Twitter en Russie sans décision de justice et ce afin de stopper leur mouvement d'opposition, qui s'appuie largement sur les réseaux sociaux.

"Ces amendements pourraient devenir une base pour une véritable censure sur internet, établissant une liste de sites et adresses IP interdits", déclare la version russe de Wikipedia dans un communiqué.

"Les dispositions et termes suivants engagés pour la discussion conduiraient à la création d'un équivalent russe de la 'Grande muraille internet de Chine' (...) dans le cadre de laquelle l'accès à Wikipedia pourrait bientôt être fermé à travers tout le pays", poursuit l'encyclopédie en ligne.

Les modifications de la loi de l'information pourraient permettre aux responsables gouvernementaux de fermer des pages internet sans passer par un jugement, mais simplement en les inscrivant sur une liste noire.

La Chine, qui contrôle strictement ce qui peut être vu ou non sur internet, possède l'une des méthodes les plus efficaces pour bloquer les contestations en ligne.

D'après les amendements proposés à la loi, si le propriétaire d'un site internet ne retire pas le contenu jugé inapproprié, l'accès au site entier peut être bloqué en Russie.

"C'est tout simplement une tentative pour infiltrer le dernier bastion de l'opposition, internet", estime la militante de l'opposition Natalia Pelevine.

Les leaders de l'opposition anti-Poutine et les Russes lambda ont largement utilisé Facebook, Twitter et le réseau social russe Vkontakte pour organiser les manifestations et relayer les informations contre le gouvernement après les accusations de fraudes portées contre lui lors des élections législatives de décembre.

Thomas Grove; Juliette Rabat pour le service français, édité par Gilles Trequesser