14 juin 2012 / 17:30 / il y a 5 ans

Les services en ligne, bouées de sauvetage du marché musical

par Gwénaëlle Barzic et Paul Sandle

PARIS (Reuters) - Les services de musique en ligne misent sur l'explosion des smartphones et sur la demande dans les pays émergents pour générer de nouveaux revenus sur un marché de la musique en voie de convalescence après une décennie de contraction.

Ces nouveaux acteurs sont parvenus à amadouer des maisons de disque jusque-là réticentes, échaudées par la cannibalisation de leurs ventes de CD depuis l'essor du numérique.

"Aujourd'hui, il ne s'agit plus de vendre de la musique à l'unité, il s'agit de maximiser la valeur autour de l'ensemble de l'expérience musicale", a expliqué Will Mills, directeur de la musique et des contenus de Shazam, à l'occasion du sommet des médias et des technologies organisé par Reuters du 11 au 14 juin à New York, Londres et Paris.

Quatrième application la plus téléchargée sur les appareils Apple, Shazam permet d'une pression du doigt de connaître le titre et l'auteur d'une chanson lorsqu'elle passe à la radio où la télévision.

Shazam offre la possibilité d'acheter les titres identifiés - ou "shazamés" disent désormais certains - mais aussi de connaître les dates de concert de l'artiste en question ou les titres les plus écoutés par ses amis.

"Nous avons plus de 200 millions d'utilisateurs de notre service et nous en accueillons 1,5 million de plus chaque semaine. Le taux de conversion en ventes est d'environ 8%, ce qui génère plus de 100 millions de dollars (80 millions d'euros) de ventes de musique chaque année", explique Will Mills.

Les revenus générés par la musique en ligne ont progressé de 8% l'an dernier, sans toutefois réussir à compenser la baisse des ventes physiques, en déclin depuis la fin des années 1990.

Le numérique représente aujourd'hui plus de la moitié des ventes aux Etats-Unis, le premier marché mondial, mais aussi en Chine. L'essor des smartphones dans les émergents, à l'image de l'Inde qui compte plus de 40 millions d'utilisateurs de ces téléphones intelligents, est regardé avec appétit par les nouveaux services de musique en ligne.

"Nous générons des revenus dans des territoires qui n'en avaient jamais dégagé par le passé et les maisons de disques l'ont bien compris", souligne Axel Dauchez, le président du site de musique en streaming Deezer, également invité du sommet.

LES RÉSEAUX SOCIAUX COMME TREMPLIN

"La structure actuelle du marché de la musique minimise le rôle des communautés. La musique et les artistes africains devraient être beaucoup plus puissants qu'ils ne le sont aujourd'hui", ajoute-t-il.

Basé à Paris, le site a engagé l'hiver dernier un déploiement international à grande échelle qui lui permet d'être aujourd'hui présent dans 88 pays. Il vise désormais l'Asie.

Comme Shazam, Deezer s'est appuyé sur un partenariat avec un réseau social, Facebook, pour se faire connaître et accroître sa base d'abonnés.

"Facebook ne veut pas fournir de musique lui-même mais il souhaite en revanche améliorer le niveau d'implication de ses utilisateurs ainsi que la quantité de données qu'il peut recueillir sur eux", a expliqué le dirigeant du site qui revendique 23 millions d'utilisateurs.

Chaque semaine, Deezer voit le nombre de ses abonnés venant de Facebook augmenter de 20%, hors France, a-t-il précisé.

Pour partir à la conquête du monde, Deezer a également répliqué dans plusieurs pays le partenariat conclu en France avec France Télécom qui lui a permis de doper ses ventes d'abonnements "premium".

Très satisfait de son partenariat avec le site de streaming qui lui permet d'améliorer le taux de rétention de ses abonnés, l'opérateur intègre désormais d'emblée Deezer dans une grande partie de ses offres Origami, renouvelées début juin.

A l'équilibre, le site pourrait à terme envisager une introduction en Bourse. "Mais ce n'est pas le moment aujourd'hui, pas à court terme", a indiqué Axel Dauchez, qui a également indiqué avoir reçu des marques d'intérêt de la part de maison de disques en vue d'une éventuelle prise de participation.

Rentable, le britannique Shazam fait quant à lui le pari de la publicité, un nouveau terrain de jeu qu'il a d'abord expérimenté aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne, grâce à des partenariats à la télévision.

Lorsqu'un logo Shazam apparaît sur l'écran pendant un programme ou une publicité, le téléspectateur peut alors interagir en utilisant l'application, avec à la clef des contenus bonus ou de petits cadeaux.

"Nous voulons développer cela maintenant en Europe où il y a beaucoup de smartphones", a indiqué Will Mills.

Avec Kate Holton, édité par Jean-Michel Bélot

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