8 juin 2012 / 15:33 / il y a 5 ans

Skype inspire la téléphonie scandinave low-cost

<p>Les op&eacute;rateurs t&eacute;l&eacute;coms traditionnels europ&eacute;ens, d&eacute;j&agrave; sous la pression de services en ligne &agrave; bas co&ucirc;t comme Skype, sont sur le point de faire face &agrave; la concurrence nouvelle de plusieurs jeunes poussent du Nord de l'Europe qui proposeront des appels &agrave; bas co&ucirc;t depuis les t&eacute;l&eacute;phones mobiles. /Photo d'archives/Luke MacGregor</p>

par Tarmo Virki

Helsinki (Reuters) - Les compagnies de téléphonie européennes traditionnelles, déjà sous la pression de services en ligne à bas coût comme Skype, sont sur le point de faire face à la concurrence nouvelle de plusieurs start-ups du Nord de l'Europe qui proposeront en particulier des appels low-cost depuis les téléphones mobiles.

Les nouveaux venus marchent sur les traces de Skype, également fondé en Europe du Nord, qui a bouleversé un marché mondial de la téléphonie qui s'élève à 628 milliards de dollars (environ 504 milliards d'euros).

Cette société spécialisée dans les services de téléphonie via internet - dont la plupart des offres sont gratuites - a phagocyté les bénéfices que les opérateurs traditionnels tiraient des appels longue distance, tout en s'appuyant sur leurs réseaux et infrastructures.

Skype, racheté l'an dernier par Microsoft pour 8,5 milliards de dollars, contrôle à présent le quart du volume des appels internationaux, soulignant l'importance de la demande concernant des appels longue distance low-cost.

"Grâce au précédent scandinave de Skype, de nombreux acteurs de la région se sont concentrés sur les services permettant aux consommateurs d'économiser de l'argent", affirme le fondateur de Strand Consult, entreprise spécialisée dans le conseil en téléphonie.

Le finlandais Alekstra prévoit ainsi de rentrer dans l'arène en 2014 en tant qu'opérateur "virtuel" (MVNO) -c'est à dire ne possédant pas de réseau en propre- en proposant aux entreprises un service qui leur épargnera les frais d'itinérance.

De son côté, le groupe danois Interphone vient tout juste de mettre en place un service permettant selon lui de réduire de 20% à 97% le coût des appels passés à l'international.

Il s'appuie pour cela sur une puce qui se fixe sur la carte SIM du combiné - quel que soit l'opérateur qui l'a délivrée - et qui s'active lorsque le propriétaire du téléphone passe un appel international ou utilise son portable alors qu'il est à l'étranger.

Dans une offre grand public alliant appels en ligne et traditionnels, le suédois Rebtel propose des appels gratuits entre ses clients mais payants à l'extérieur de son réseau. L'entreprise, qui recense 17 millions d'utilisateurs et est déjà rentable, envisage de dégager un chiffre d'affaires de 85 millions de dollars cette année.

Les investissements que ces nouveaux acteurs devront effectuer seront évidemment bien moins lourds que ceux que les opérateurs historiques ont dû consentir pour construire leurs réseaux.

Alekstra compte lever quelques dizaines de millions d'euros auprès de sociétés de capital-risque avant le lancement de son offre professionnelle en 2014 et Interphone, dont le capital est pour l'instant détenu par ses fondateurs, des membres de l'équipe dirigeante et quelques investisseurs locaux, compte également augmenter son capital afin d'accompagner sa croissance.

LUTTER OU S'ADAPTER

"Les opérateurs de téléphonie connaissent actuellement une période de transition au cours de laquelle leurs anciennes vaches à lait qu'étaient les messages et les appels vocaux sont en train de se tarir", explique le patron de Rebtel, Andreas Bernstrom.

Face à cette concurrence d'un nouveau genre, l'opérateur historique de téléphonie le plus important du nord de l'Europe, TeliaSonera, envisage de facturer à ses clients l'utilisation d'applications permettant de passer des appels en ligne via leur smartphone.

D'autres opérateurs comme Telefonica et France Télécom prennent eux le parti de ne pas combattre frontalement les évolutions technologiques. Ils ajustent leurs offres et leurs tarifs pour faire payer aux usagers les données échangées et non les appels, afin de décourager leurs usagers de recourir à des applications offrant des services gratuits.

Le géant espagnol des télécoms a même développé sa propre déclinaison de Skype, baptisée "Tu Me" et dont la version pour iPhone a été lancée en mai.

Joël Bronner et Myriam Rivet pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat

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