6 juin 2012 / 16:53 / dans 5 ans

COR-Parrot parie sur le marché de la voiture connectée

Correction: au 19e paragraphe, bien lire “une croissance de plus de 20% par an” et non “cette année”.

par Alice Cannet

PARIS (Reuters) - La société française de haute technologie Parrot parie sur le marché de la voiture connectée et veut croire que les automobilistes sont prêts à troquer leur ancien autoradio contre son système multifonctions de dernière génération.

Le groupe, surtout connu jusqu‘ici pour ses kits main-libre, a consacré trois ans et 30 millions d‘euros à développer le premier autoradio basé sur Android, le système d‘exploitation ouvert de Google, en pariant que ce type de produits deviendra incontournable pour des automobilistes désireux de posséder plus qu‘un simple autoradio et un support pour leur “smartphone”.

Nommé “Asteroid”, son nouveau produit multifonctions à contrôle vocal, a déjà été vendu entre 20.000 et 25.000 exemplaires dans une première version, lancée l‘an dernier.

Il dispose pour l‘instant d‘un nombre limité d‘applications mais la plate-forme “ouverte” d‘Android permet à tous les développeurs de modifier les applications existantes et d‘en ajouter de nouvelles.

“Le fait d‘avoir tiré les premiers leur donne certainement un avantage en terme d‘expérience de travail avec Android et les applications basées sur cette plate-forme”, estime Roger Lanctot, directeur associé en charge de l‘automobile chez Strategy Analytics.

Pour profiter de cette avance, Parrot, dont la capitalisation boursière avoisine 230 millions d‘euros, a mis un “kit” de développement à la disposition des développeurs en les invitant à créer de nouveaux applications dans les domaines de la géolocalisation, de l‘aide à la conduite, de la gestion de contacts ou de la musique.

CANDIDAT AU “RANG UN” DES ÉQUIPEMENTIERS

Mais cette stratégie place le français en concurrence frontale avec les leaders de la radio embarquée Harman International, Pioneer et JVC-Kenwood, et les géants du GPS que sont Garmin et TomTom.

Il espère donc désormais convaincre des constructeurs automobiles de pré-installer la technologie basée sur Android dans leurs nouveaux modèles.

“Ça va être un marché qui va être bataillé par énormément de gens”, souligne Eric Beaudet, analyste chez Natixis. “D‘une façon certaine, c‘est un marché qui va se développer très rapidement.”

Parrot était jusqu’à présent un fournisseur indirect de grands constructeurs comme Toyota, Renault, BMW et Volkswagen puisqu‘il fournissait des composants à des équipementiers tels que Delphi, Siemens VDO et Visteon.

Il pourrait désormais se trouver en concurrence directe avec ceux-ci s‘il parvient à devenir un équipementier de “rang un”, c‘est à dire un fournisseur direct des constructeurs.

“L‘offre Android représente quelque chose de nouveau et de différent parce que la plupart des fournisseurs de rang un n‘ont pas encore intégré Android. Cela place donc vraiment Parrot à part”, estime Roger Lanctot. “Le choix d‘Android les met en situation de candidat au rang un.”

Reste à la société à convaincre des constructeurs d‘adopter la technologie Asteroid.

“Ils ont déjà un pied chez tous ces constructeurs et ont des bonnes relations avec les équipementiers de voitures et tous les fabricants d‘autoradio”, souligne Thomas Delhaye, analyste chez Genesta Equity and Bond Research.

UNE STRATÉGIE À LA GOOGLE

Parrot lancera en septembre trois nouveaux produits compatibles avec toutes les marques de smartphones, espérant ainsi s‘assurer une position solide avant l‘arrivée des réseaux mobiles 4G prévue pour 2013-2014.

L‘entreprise a aussi conclu des accords avec deux constructeurs automobiles - dont les noms n‘ont pas encore été dévoilés - désireux d‘utiliser sa technologie basée sur Android dans leurs nouveaux modèles, a déclaré à Reuters Henri Seydoux, directeur général et fondateur de Parrot.

“Après avoir prêché dans le désert pendant longtemps, il se trouve que maintenant, les constructeurs de voiture trouvent que c‘est une différenciation vachement intéressante d‘avoir un bon système multimédia. Nous, on leur dit c‘est une chose mais un système sous Android, c‘est encore mieux”, explique-t-il.

Même si, pour les analystes, Parrot devrait rester un acteur de second rang du marché automobile, les perspectives sont loin d’être négligeables: le marché dit de l’“infotainment” devrait atteindre 36 milliards de dollars en 2016 pour la partie première monte chez les constructeurs, selon Strategy Analytics, et 47 milliards de dollars si l‘on inclut le marché du remplacement.

Parrot se refuse à donner des prévisions chiffrées du chiffre d‘affaires potentiel que pourrait générer sa technologie basée sur Android. Mais Henri Seydoux dit espérer une croissance de plus de 20% par an du chiffre d‘affaires total de l‘entreprise.

“On a une stratégie à la Apple ou même à la Google, on se fiche d‘avoir un client, un chiffre d‘affaires, à condition qu‘on y croie”, dit-il.

L‘action Parrot, cotée depuis 2006, a fini mercredi à 18,25 euros à la Bourse de Paris. Elle a progressé de 4,7% depuis le début de l‘année mais son cours reste inférieur de 22% à son prix d‘introduction.

Gilles Guillaume pour le service français, édité par Marc Angrand

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