Le web et les banques sollicités pour combattre la contrefaçon

mercredi 30 mai 2012 16h46
 

par Pascale Denis

PARIS (Reuters) - Face à l'explosion de la contrefaçon liée à l'essor du e-commerce, les grands noms du luxe français regroupés au sein du Comité Colbert souhaitent voir collaborer des banques et des sites internet encore très réticents à une charte de bonnes pratiques.

Particulièrement touchés par les ventes de faux sacs Chanel, Hermès, Vuitton (groupe LVMH) ou Dior, le secteur du luxe a fait de la lutte contre la contrefaçon une de ses priorités.

"L'industrie du luxe est la première touchée par ce fléau. Nous nous mobilisons auprès d'acheteurs conscients et non victimes", a déclaré mercredi Elisabeth Ponsolle des Portes, déléguée générale du Comité Colbert, lors de la présentation de la nouvelle campagne anti-contrefaçon qui sera lancée avant l'été.

La contrefaçon induit pour les maisons de luxe françaises un manque à gagner évalué en moyenne à environ 10% du chiffre d'affaires du secteur, selon Françoise Montenay, présidente du conseil de surveillance de Chanel et présidente du Comité.

Grâce à un partenariat public-privé avec les services des douanes et à une charte de bonnes pratiques avec les opérateurs postaux, les saisies sont multipliées. Elles ont atteint 9,0 millions d'articles en 2011, contre seulement 200.000 en 1994.

Sur ce total, 35% concernaient des sacs, vêtements et montres. Les sacs de fausses marques représentaient à eux seuls 95% de la valeur des produits. Même constat au niveau européen, où les saisies ont presque doublé entre 2000 et 2009.

Mais avec le développement du e-commerce qui a fait littéralement exploser les chiffres de la contrefaçon, ces collaborations ne suffisent plus, d'où l'importance de voir y participer des sites internet et des banques.

Seuls deux sites (priceminister.com et 2xmoinscher.com) ont accepté de signer une charte datant de 2009 et établissant un code de bonnes pratiques pour les plates-formes internet, a précisé Elisabeth Ponsolle des Portes.   Suite...

 
<p>Un faux sac LVMH fabriqu&eacute; en Chine dans un magasin du Maryland, aux Etats-Unis. Face &agrave; l'explosion de la contrefa&ccedil;on li&eacute;e &agrave; l'essor du e-commerce, les grands noms du luxe fran&ccedil;ais regroup&eacute;s au sein du Comit&eacute; Colbert souhaitent voir collaborer des banques et des sites internet encore tr&egrave;s r&eacute;ticents &agrave; une charte de bonnes pratiques. /Photo d'archives/REUTERS/Hyungwon Kang</p>