30 mai 2012 / 14:48 / il y a 5 ans

Le web et les banques sollicités pour combattre la contrefaçon

<p>Un faux sac LVMH fabriqu&eacute; en Chine dans un magasin du Maryland, aux Etats-Unis. Face &agrave; l'explosion de la contrefa&ccedil;on li&eacute;e &agrave; l'essor du e-commerce, les grands noms du luxe fran&ccedil;ais regroup&eacute;s au sein du Comit&eacute; Colbert souhaitent voir collaborer des banques et des sites internet encore tr&egrave;s r&eacute;ticents &agrave; une charte de bonnes pratiques. /Photo d'archives/Hyungwon Kang</p>

par Pascale Denis

PARIS (Reuters) - Face à l'explosion de la contrefaçon liée à l'essor du e-commerce, les grands noms du luxe français regroupés au sein du Comité Colbert souhaitent voir collaborer des banques et des sites internet encore très réticents à une charte de bonnes pratiques.

Particulièrement touchés par les ventes de faux sacs Chanel, Hermès, Vuitton (groupe LVMH) ou Dior, le secteur du luxe a fait de la lutte contre la contrefaçon une de ses priorités.

"L'industrie du luxe est la première touchée par ce fléau. Nous nous mobilisons auprès d'acheteurs conscients et non victimes", a déclaré mercredi Elisabeth Ponsolle des Portes, déléguée générale du Comité Colbert, lors de la présentation de la nouvelle campagne anti-contrefaçon qui sera lancée avant l'été.

La contrefaçon induit pour les maisons de luxe françaises un manque à gagner évalué en moyenne à environ 10% du chiffre d'affaires du secteur, selon Françoise Montenay, présidente du conseil de surveillance de Chanel et présidente du Comité.

Grâce à un partenariat public-privé avec les services des douanes et à une charte de bonnes pratiques avec les opérateurs postaux, les saisies sont multipliées. Elles ont atteint 9,0 millions d'articles en 2011, contre seulement 200.000 en 1994.

Sur ce total, 35% concernaient des sacs, vêtements et montres. Les sacs de fausses marques représentaient à eux seuls 95% de la valeur des produits. Même constat au niveau européen, où les saisies ont presque doublé entre 2000 et 2009.

Mais avec le développement du e-commerce qui a fait littéralement exploser les chiffres de la contrefaçon, ces collaborations ne suffisent plus, d'où l'importance de voir y participer des sites internet et des banques.

Seuls deux sites (priceminister.com et 2xmoinscher.com) ont accepté de signer une charte datant de 2009 et établissant un code de bonnes pratiques pour les plates-formes internet, a précisé Elisabeth Ponsolle des Portes.

"Nous ne pouvons que regretter l'absence des grandes plates-formes qui disent avoir leur système propre", a-t-elle dit.

Les banques aussi sont pour le moins rétives.

"Après sept ans d'efforts auprès des opérateurs bancaires, la réponse est très timide (...) mais nous ne perdons pas confiance", a souligné la déléguée générale, espérant que la charte d'ores et déjà signée aux Etats-Unis par American Express, Visa et PayPal serve d'exemple.

PERTES D'EMPLOIS

Alors que le "made in France", la réindustrialisation et la préservation des emplois dans l'Hexagone sont entrés en force dans le débat politique, la lutte anti-contrefaçon est "parfaitement d'actualité", a poursuivi Elisabeth Ponsolle des Portes. "Il s'agit de défendre une industrie, des emplois, un savoir-faire français exceptionnel."

Les pertes d'emplois dues à la contrefaçon sont évaluées entre 30.000 et 40.000 par an en France et à 190.000 dans l'Union européenne.

Dans une Europe traversée par la crise de la dette, la contrefaçon pèse aussi sur les équilibres financiers des Etats.

Selon les chiffres de la direction générale des marchés de l'UE, elle entraîne une perte de recouvrement de TVA (taxe sur la valeur ajoutée) de l'ordre de 60 milliards d'euros par an dans les pays du G20.

La sixième campagne anti-contrefaçon du Comité Colbert sera lancée avant l'été dans les aéroports de France mais aussi d'Italie, de Hongrie ou de Roumanie. Les professionnels du luxe disent viser les clients des pays européens, principaux acheteurs de produits contrefaits.

Et à la différence de certains produits comme les pièces détachées dans l'automobile ou les jouets, les acheteurs de fausses marques de luxe sont généralement conscients et non pas victimes d'une escroquerie.

"Ce n'est pas pour moi, c'est pour la femme de ménage", voilà ce que l'on entend souvent de la part des acheteuses sur les grands marchés de contrefaçon du bassin méditerranéen ou de Chine, commente pour sa part une professionnelle du luxe.

Le secteur estime que près de 90% de la contrefaçon provient de Chine, après un transit à Dubaï, qualifié de véritable "plaque tournante" de la contrefaçon.

Le Comité Colbert réunit 75 maisons françaises de luxe qui réalisent un chiffre d'affaires cumulé de 31 milliards d'euros et emploient directement et indirectement 131.000 personnes en France.

Edité par Dominique Rodriguez

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