19 mai 2012 / 08:54 / dans 5 ans

Les débuts en demi-teinte de Facebook en Bourse

<p>L'introduction en Bourse historique et tr&egrave;s m&eacute;diatis&eacute;e du c&eacute;l&egrave;bre r&eacute;seau social am&eacute;ricain Facebook s'est r&eacute;v&eacute;l&eacute;e en demi-teinte vendredi, p&eacute;nalis&eacute;e notamment par une valorisation tr&egrave;s &eacute;lev&eacute;e. L'action a fini &agrave; 38,2318 dollars au terme d'une s&eacute;ance en dents de scie, en hausse de 0,61% par rapport au cours de mise sur le march&eacute; de 38 dollars. /Photo prise le 18 mai 2012/REUTERS/Keith Bedford</p>

par Alexei Oreskovic

SAN FRANCISCO (Reuters) - L‘introduction en Bourse historique et très médiatisée du célèbre réseau social américain Facebook s‘est révélée en demi-teinte vendredi, pénalisée notamment par une valorisation très élevée.

L‘action a fini à 38,2318 dollars au terme d‘une séance en dents de scie, en hausse de 0,61% par rapport au cours de mise sur le marché de 38 dollars.

Les volumes échangés ont été sans précédent pour un premier jour de Bourse aux Etats-Unis: plus de 576 millions d‘actions ont changé de mains.

Après un retard dans sa cotation qui a nourri l‘impatience des traders et commentateurs à travers le monde, le titre Facebook a démarré sur le Nasdaq à 42,05 dollars soit près de 11% au-dessus de son prix d‘introduction, pour atteindre un moment 45 dollars, avant de perdre du terrain et de revenir à son prix d‘introduction.

Au siège du groupe dans la Silicon Valley et sous les applaudissements de ses employés, le fondateur et PDG de Facebook Mark Zuckerberg, 28 ans, a sonné symboliquement la cloche pour marquer les débuts en Bourse du site communautaire aux 900 millions d‘utilisateurs.

Vêtu de son traditionnel sweat-shirt à capuche noir, Mark Zuckerberg a serré dans ses bras Sheryl Sandberg, directrice-générale adjointe du groupe, réputée avoir apporté une certaine discipline à la jeune société, fondée il y a huit ans dans un dortoir de Harvard.

Devant les bureaux de la société se pressaient journalistes et photographes. Au-dessus de leurs têtes, un hélicoptère avait même été envoyé par la télévision américaine à l‘occasion l‘introduction en Bourse, la plus importante de l‘histoire des valeurs technologiques américaines.

100 FOIS LES RÉSULTATS HISTORIQUES

Il y avait également foule devant le siège social du Nasdaq à New York, alors que les responsables de ce marché électronique luttaient pour résoudre de problèmes techniques liés au volume d‘ordres très élevé. Les investisseurs ont dû attendre plus de deux heures avant de savoir si leurs ordres d‘achat ou de vente avaient bien été exécutés.

Quand l‘action est tombée à 38 dollars vendredi, Morgan Stanley, principale banque introductrice, est intervenue pour empêcher le cours de tomber sous le prix d‘introduction en Bourse, rapportent des traders.

Les intervenants sur le marché expliquent ce terne début par l‘augmentation à la dernière minute de près de 25% du nombre d‘actions vendues et surtout par la valorisation très élevée retenue.

Le prix de 38 dollars représente plus de 100 fois le résultat par action réalisé par Facebook alors qu‘Apple se négocie 14 fois ses résultats et Google 19 fois. Facebook a réalisé un bénéfice net d‘un milliard de dollars l‘an dernier pour un chiffre d‘affaires de 3,7 milliards de dollars.

Les gains prévus par les analystes pour le premier jour de cotation allaient de 10% à 50%. La moyenne des estimations d‘analystes recueillies par Morningstar prédisait un cours de clôture de 50 dollars vendredi.

“Un bond de 15% à 20% est de l‘ordre du possible”, estimait Tim Loughran, professeur de finance à l‘Université de Notre Dame, dans l‘Indiana, avant le début des échanges.

PRIX PARFAITEMENT DÉFINI

Certains investisseurs estimaient que le titre pourrait gagner 30%, voire davantage, dès vendredi en dépit des interrogations persistantes sur la capacité réelle de Facebook à générer durablement des profits.

Après à peine une heure de cotation, Pivotal Research Group recommandait déjà de vendre le titre.

“Le marché est en train de valoriser Facebook comme un actif moins risqué que Google, ce qui selon nous n‘est absolument pas le cas”, a expliqué Brian Wieser, l‘un des analystes de la firme, dans une note.

Du point de vue de Facebook en revanche, la petite hausse de l‘action vendredi montre que le prix de mise en Bourse de l‘action a été parfaitement défini pour Mark Zuckerberg et les investisseurs qui ont accompagné la société à ses débuts. Ils empoché le maximum estimé.

“Si l‘action fait un bond massif le premier jour, cela veut dire que la demande du marché a été mal interprétée et que la société n‘a pas levé le montant correct”, fait valoir Kevin Hartz, co-fondateur de Eventbrite, une start-up de billetterie en ligne intégrée à la plate-forme Facebook.

Pour Trip Chowdhry, analyste actions, les débuts de Facebook ont été ternes parce que les perspectives de croissance du réseau social ne justifie pas la valorisation retenue.

“Ils ont d‘importants problèmes technologiques et de modèle d‘entreprises. Facebook, c‘est surfait”, estime-t-il.

Le réseau, rappelle-t-il, ne tire que 4,39 dollars par usager et par an, alors que Google, dont la valorisation est bien moindre, obtient près de 30 dollars.

Quoi qu‘il en soit, l‘afflux de richesse liée à la forte croissance de Google a contribué à un mini boom de l‘immobilier dans la zone de la baie de San Francisco. Les recettes fiscales liées à la mise en Bourse de Facebook vont réduire le déficit budgétaire de l‘Etat de Californie d‘environ deux milliards de dollars.

Marc Angrand, Natalie Huet, Nicolas Delame et Danielle Rouquié pour le service français

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