La présidentielle perturbe l'entrée de JP Morgan à Technicolor

jeudi 3 mai 2012 11h51
 

par Julien Ponthus

PARIS (Reuters) - Technicolor a annoncé jeudi l'arrivée à son tour de table de la banque américaine JP Morgan, qui deviendra ainsi son premier actionnaire, une opération lancée en pleine campagne présidentielle et qui a déclenché une intervention controversée du gouvernement.

Le spécialiste des technologies de l'industrie du divertissement espère lever jusqu'à 158 millions d'euros pour réduire sa dette et verra, si l'opération est approuvée par son assemblée générale, JP Morgan monter à hauteur de 25% à 29,96% dans son capital, contre 1% actuellement.

L'annonce, mercredi, de l'entrée d'un investisseur étranger - alors non identifié - comme principal actionnaire de Technicolor a été suivie par un communiqué de Bercy demandant au Fonds stratégique d'investissement (FSI) d'envisager une intervention dans le dossier.

Technicolor a indiqué durant une conférence téléphonique ce jeudi que si le groupe n'avait pas sollicité l'intervention du gouvernement, il n'avait pas non plus été consulté ou averti de l'intention du ministre de l'Industrie Eric Besson de s'emparer du dossier.

"Nous n'avons pas eu de contact avec le FSI. Nous avons lu la déclaration de (Eric) Besson hier mais nous n'avons pas eu de contact", a déclaré le directeur financier du groupe Stéphane Rougeot.

Une source proche du FSI déclarait jeudi matin de son côté que "le FSI investit à la demande ou en accord avec la direction et le projet de l'entreprise".

Stéphane Rougeot a aussi précisé que son entreprise n'était pas menacée de démantèlement et qu'au contraire, l'arrivée de JP Morgan aurait pour conséquence de stabiliser son actionnariat et de conforter sa stratégie de long terme.

Une partie du tour de table de Technicolor est actuellement constituée de fonds d'investissement, comme Apollo avec 8,5%, qui ont échangé de la dette rachetée avec une décote contre du capital de l'entreprise lors de la restructuration de sa dette.   Suite...