Curie, le supercalculateur qui accélère la recherche européenne

vendredi 23 mars 2012 13h12
 

par Guillaume Frouin

ANGERS, Maine-et-Loire (Reuters) - Capable d'effectuer deux millions de milliards d'opérations à la seconde, le supercalculateur Curie ouvre des perspectives inespérées aux scientifiques français et européens, dans les domaines de la santé, de l'énergie ou de l'environnement.

D'une puissance comparable à celle de 150.000 ordinateurs de bureau performants, il est doté de 90.000 coeurs de calcul, dont des processeurs Xeon d'Intel.

Selon le groupe Bull, qui l'a assemblé dans ses usines d'Angers (Maine-et-Loire), Curie peut stocker l'équivalent de 7.600 ans de fichiers musicaux MP3, à une vitesse 100.000 fois supérieure à celle d'une connexion ADSL.

Installé dans des locaux du Commissariat à l'énergie atomique à Bruyères-le-Châtel (Essonne), le supercalculateur permettra à des climatologues ou des astrophysiciens de simuler des phénomènes jusqu'alors impossibles à reproduire en laboratoire.

Les machines de "calcul intensif" du même type - il en existe une quinzaine dans le monde - permettent aussi d'évaluer des produits financiers complexes, de tester la résistance de matériaux ou de modéliser un accident industriel de grande ampleur.

"EDF utilise déjà de la simulation numérique pour prévoir le vieillissement de ses centrales nucléaires, et elle a permis à Airbus d'économiser 20% de tests en soufflerie pour le design des ailes de ses avions", explique Catherine Rivière, PDG de Genci (Grand équipement national de calcul intensif).

SIMULATIONS PLUS RÉALISTES

Cette société, dont l'Etat français est le principal actionnaire, a acheté le supercalculateur pour le mettre à disposition de scientifiques comme Michel Caffarel, un des premiers à s'en servir, en décembre, pour ses recherches sur les molécules qui interviennent dans la maladie d'Alzheimer.   Suite...