Changement de paradigme pour les opérateurs télécoms

mardi 28 février 2012 14h55
 

par Julien Ponthus et Gwénaëlle Barzic

PARIS (Reuters) - Changement d'époque, changement de paradigme. Il y a une décennie, les grands opérateurs télécoms se livraient une guerre sans merci pour bâtir à grands coups d'OPA, parfois hostiles, des groupes de téléphonie mobile paneuropéens, voire mondiaux, quitte à offrir des valorisations dépassant l'entendement.

En 1999, Vodafone lançait la première OPA hostile étrangère en Allemagne et n'hésitait pas à débourser près de deux cent milliards d'euros pour mettre la main sur le conglomérat Mannesmann.

Cette acquisition, la plus grande opération financière jamais lancée en Europe à ce jour, permit à France Télécom à son tour de prendre le contrôle d'Orange pour une quarantaine de milliards d'euros. Pour rappel, la capitalisation boursière actuelle de France Télécom est de 31 milliards d'euros.

Cette course à la taille se caractérisa par des acquisitions menées tambour battant à des niveaux de valorisation qui semblent aujourd'hui complètement disproportionnés.

A titre d'exemple, France Télécom racheta en mars 2000 28,5% du capital de l'opérateur allemand Mobilcom pour une valorisation de 80 fois l'Ebitda alors que la norme actuelle est plus de dix fois moindre.

Cette boulimie d'acquisitions faillit être fatale à l'opérateur français qui aurait pu aller au tapis sans une recapitalisation accordée par l'Etat français.

VOLTE-FACE

La téléphonie mobile était alors au coeur de la bulle internet et de la "nouvelle économie", un concept devenu pour le moins abscons, et ce en l'espace de quelques années seulement.   Suite...

 
<p>Il y a une d&eacute;cennie, les grands op&eacute;rateurs t&eacute;l&eacute;coms se livraient une guerre sans merci pour b&acirc;tir &agrave; grands coups d'OPA, parfois hostiles, des groupes de t&eacute;l&eacute;phonie mobile paneurop&eacute;ens, voire mondiaux. En 1999, Vodafone n'h&eacute;sitait pas &agrave; d&eacute;bourser pr&egrave;s de deux cent milliards d'euros pour mettre la main sur le conglom&eacute;rat Mannesmann. Aujourd'hui, les op&eacute;rateurs ont fait volte-face et op&eacute;r&eacute; un virage &agrave; 180 degr&eacute;s. /Photo d'archives/REUTERS/David W Cerny</p>