8 février 2012 / 08:48 / il y a 6 ans

Vers un mouvement de consolidation dans les puces au Japon

<p>Les groupes japonais Renesas Electronics, Fujitsu et Panasonic discutent d'une fusion de leurs activit&eacute;s de semi-conducteurs, selon quatre sources au fait du dossier. /Photo d'archives/Pichi Chuang</p>

par Reiji Murai et Maki Shiraki

TOKYO (Reuters) - Renesas Electronics, Fujitsu et Panasonic discutent d'une fusion de leurs activités de semi-conducteurs avec éventuellement l'appui de l'Etat, une décision qui reflète la concurrence féroce à laquelle sont confrontés les groupes japonais dans ce secteur d'activité.

Les trois sociétés envisagent de scinder leurs divisions conception et développement de puces-systèmes, dont la production conjointe serait transférée à la société californienne GlobalFoundries qui envisage de créer un site au Japon, ont précisé mercredi à Reuters trois sources au fait du dossier.

Les puces-systèmes sont notamment employées dans les gadgets électroniques et dans le secteur automobile.

Les sources ajoutent que le fonds d'investissement souverain japonais Innovation Network participera sans doute au projet.

Le secteur japonais des semi-conducteurs, jadis dominant, a dû passer par une vague de fusions et de restructurations durant la décennie écoulée pour faire face à la concurrence des Etats-Unis, de la Corée du Sud et de Taiwan.

Une telle fusion remodèlerait la division déficitaire de Renesas, leader du marché des puces-systèmes devant Intel et Broadcom, et permettrait à Panasonic et à Fujitsu de se recentrer sur des activités plus rentables.

"Ce n'est que l'une des nombreuses possibilités à l'étude", a toutefois dit l'une des sources, ajoutant que les discussions pourraient évoluer vers d'autres voies.

Le quotidien Nikkei écrit que les trois sociétés devraient conclure un accord de principe d'ici la fin mars dans l'optique de créer une nouvelle structure d'ici la fin de l'année. L'une des sources a dit que ce calendrier était trop ambitieux, d'autant que d'autres éventualités sont envisagées.

BOND DES PUCES À LA BOURSE DE TOKYO

Pour Haruo Sato, analyste de Tokai-Tokyo Securities, il sera très difficile de parvenir à un compromis. "Les directions de chaque société devront s'entendre sur des question difficiles, comme l'allocation des ressources ou les réductions d'effectifs", fait-il valoir.

Le Japon est soucieux de ne pas voir le savoir-faire local se dissiper à l'étranger et le fonds Innovation Network est déjà intervenu l'an passé en annonçant le projet de fusionner les opérations dans les écrans LCD de trois fabricants locaux.

Renesas, Fujitsu et Panasonic ont dit qu'aucune décision n'avait été prise concernant leurs activités dans les puces. Elpida Memory a déclaré de son côté, sans autre précision, que les informations sur la vente de son site d'Hiroshima étaient inexactes.

Le Nikkei écrit aussi que des responsables d'Elpida Memory et de GlobalFoundries se rencontreront cette semaine pour discuter de la vente éventuelle du site d'Hiroshima, transaction qui s'inscrirait dans le cadre de la fusion de Renesas, Fujitsu et Panasonic.

Il ajoute qu'Elpida, affecté par la force du yen et par la chute des prix des mémoires, transférerait la production de ses mémoires DRAM à Taiwan.

Ces informations ont provoqué un bond des valeurs des semi-conducteurs en Bourse de Tokyo. Renesas a gagné jusqu'à 14% à un pic de trois mois de 576 yens, tandis qu'Elpida a inscrit un plus haut de séance de 374 yens, soit une hausse de près de 10%. Fujitsu a progressé de 5% à 399 yens.

Fermeté du yen et économie mondiale atone ont prélevé leur tribut sur les fabricants japonais de puces, dont un bon nombre sont passés dans le rouge au niveau du résultat opérationnel durant l'année écoulée.

Renesas, lui-même né de fusions successives des divisions puces d'Hitachi, Mitsubishi Electric et NEC, a fait état d'une perte d'exploitation de 33,2 milliards de yens (430 millions de dollars) sur neuf mois au 31 décembre.

Elpida, créé voici 10 ans pour reprendre les opérations DRAM déficitaires de plusieurs entreprises nippones, a subi une perte plus élevée que prévu de 43,8 milliards de yens sur le trimestre octobre-décembre.

Le leader japonais des semi-conducteurs Toshiba, resté largement à l'écart de la vague de fusions de ces dernières années, a réduit d'un tiers sa prévision de bénéfice d'exploitation annuel à 200 milliards de yens, après une chute de 72% du bénéfice du troisième trimestre.

Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Dominique Rodriguez

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