Les opérateurs télécoms, de moins en moins valeurs de rendement

vendredi 20 janvier 2012 12h33
 

par Leila Abboud

PARIS (Reuters) - Les opérateurs européens de télécommunications voient aujourd'hui la récession, la concurrence et le coût de la modernisation de leurs réseaux menacer leur générosité en matière de dividende alors que leur rendement leur a longtemps assuré un statut de valeurs refuges.

Dans un secteur qui a longtemps compensé la faiblesse de sa croissance par la solidité de son rendement, Telefonica et Telekom Austria ont brisé un tabou en décembre en annonçant une réduction de leur dividende.

Désormais, les analystes s'attendent à ce que KPN, France Télécom, Telecom Italia et Portugal Telecom ajoutent leur nom à la liste cette année ou l'an prochain.

Le problème, c'est qu'en réduisant leur dividende, les opérateurs traditionnels, à commencer par les ex-monopoles plombés par des dettes et des coûts élevés, risquent de se priver de l'un de leurs rares attraits aux yeux du marché.

A la différence de leurs concurrents américains comme AT&T ou Verizon, les opérateurs européens ne sont pas encore parvenus à faire du succès des smartphones et des tablettes un levier de rentabilité. La concurrence tire en effet à la baisse les tarifs du mobile sur de nombreux marchés au moment où ces sociétés doivent engager de lourds investissements dans la fibre optique et les réseaux de quatrième génération.

"Le secteur se prépare à un lent déclin au fil du temps, il est donc difficile de le considérer comme un refuge", résume Bruno Grandsard, gérant chez Axa Investment Management.

"Si le monde s'écroule comme en 2008 après la chute de Lehman Brothers, bien sûr il faudra en avoir, mais dans le cas contraire, je ne considère aucun des opérateurs télécoms historiques comme une proposition intéressante."

LES RENDEMENTS DOPÉS PAR DES VALORISATIONS FAIBLES   Suite...

 
<p>Les op&eacute;rateurs europ&eacute;ens de t&eacute;l&eacute;communications voient aujourd'hui la r&eacute;cession, la concurrence et le co&ucirc;t de la modernisation de leurs r&eacute;seaux menacer leur g&eacute;n&eacute;rosit&eacute; en mati&egrave;re de dividende alors que leur rendement leur a longtemps assur&eacute; un statut de valeurs refuges. /Photo d'archives/REUTERS/Ralph Orlowski</p>