Xavier Niel, longtemps discret, au centre du jeu du mobile

mardi 13 décembre 2011 13h01
 

par Marie Mawad et Leila Abboud

PARIS (Reuters) - Il y a huit ans, il était presque inconnu. "L'homme invisible", disait-on dans le secteur de cet entrepreneur qui restait à l'écart alors que sa société, Free, s'imposait dans le paysage des télécoms français.

Aujourd'hui, Xavier Niel s'apprête à chambouler le marché de la téléphonie mobile dans l'Hexagone, après y avoir rebattu les cartes de l'accès à internet et imposé le modèle de la "box".

Douzième fortune française selon le classement du magazine Challenges, cet entrepreneur atypique a longtemps préféré les coulisses aux cocktails, évitant soigneusement les projecteurs et confiant à ses lieutenants le rôle de représentation auprès des analystes, des banquiers et des autorités de régulation.

"La première fois que je l'ai vu, c'était en 2002 pendant une réunion de 'freenautes'. Xavier est entré dans une salle comble, il a pris une poubelle, l'a retournée pour s'asseoir. Une demi-heure plus tard il tombait à la renverse !", raconte Adrien Touati, l'un des aficionados de la marque, dont certains sont conviés tous à les ans à se réunir avec les dirigeants.

"On m'a dit : 'Tu sais qui c'était? C'est le fondateur de Free'", poursuit le jeune entrepreneur, devenu un protégé de Xavier Niel, qui a financé plusieurs de ses start-ups.

Désormais, toute l'industrie des télécoms a les yeux tournés vers le fondateur d'Iliad, qui, à 44 ans, s'est forgé une réputation de pionnier et d'agitateur dans un secteur longtemps endormi.

Pas une conférence de presse sans que France Télécom, SFR ou Bouygues ne soient interrogés sur l'arrivée prochaine du quatrième opérateur, attendu pour le début 2012 comme un grand coup de pied dans la fourmilière du mobile.

Cette fois, pour préparer le lancement de Free Mobile, Xavier Niel n'a pas hésité à lancer une offensive contre ses concurrents, les accusant notamment de lésiner sur les baisses de prix. Avec un succès certain: avant même le lancement officiel de Free Mobile, les grands noms du secteur ont multiplié les offres "low cost" pour tenter de prévenir la fuite de leurs clients.   Suite...