Face à l'"e-book", les éditeurs imposent un nouvel équilibre

vendredi 2 décembre 2011 19h04
 

par Gwénaëlle Barzic et Leila Abboud

PARIS (Reuters) - Le monde de l'édition a jusqu'ici réussi à tirer son épingle du jeu dans la transition vers le numérique, tirant les leçons du cataclysme provoqué par l'irruption d'internet dans l'industrie de la musique dix ans plus tôt.

Alors que les nuages s'amoncellent sur les économies de la zone euro, les professionnels du livre sont toutefois encore loin de crier victoire, l'érosion des ventes physiques et la baisse de chiffre d'affaires engendré par le passage au numérique les contraignant à trouver de nouvelles sources de revenus.

"Dans mon souvenir, il n'a jamais été aussi difficile de prédire où en sera le secteur d'ici 12 mois", a déclaré John Makison, le directeur général de Penguin, filiale de Pearson, à l'occasion du sommet Reuters sur les médias qui s'est tenu cette semaine.

"Il y a autant d'opportunités que de défis à relever", a-t-il ajouté.

L'essor rapide des ventes d'"e-books", en particulier outre-Atlantique, a chamboulé un secteur jusque-là resté relativement à l'abri de la tempête du numérique.

Le signal d'alerte a été donné en février par le dépôt de bilan de l'américain Borders, deuxième réseau de libraires aux Etats-Unis.

A la différence de l'industrie du disque cependant, les principaux éditeurs ont réussi à obtenir gain de cause face aux géants de la distribution Amazon et Apple qui voulaient appliquer au livre le système de prix unique déjà en vigueur pour la musique.

"Nous avons beaucoup appris de l'industrie du disque. Ils n'ont pas réagi rapidement quand Apple a imposé un business model unique. Nous avons fait tout le contraire", a expliqué Arnaud Nourry, le PDG d'Hachette, également invité du sommet Reuters.   Suite...