1 décembre 2011 / 16:00 / il y a 6 ans

COR-Eutelsat entre croissance et controverse au Moyen-Orient

<p>Michel de Rosen, PDG d'Eutelsat, au sommet Reuters sur les m&eacute;dias, &agrave; Paris. Le printemps arabe a soulev&eacute; de nouveaux d&eacute;fis pour l'op&eacute;rateur de satellites, confront&eacute; ces derniers mois au brouillage de ses signaux et &agrave; des pressions visant &agrave; l'emp&ecirc;cher de diffuser certains contenus. /Photo prise le 1er d&eacute;cembre 2011/Mal Langsdon</p>

Correction: bien lire 400 chaînes au 9e paragraphe et non 4.000 comme écrit par erreur.

par Gwénaëlle Barzic et Marie Mawad

PARIS (Reuters) - Le printemps arabe a soulevé de nouveaux défis pour l'opérateur de satellites Eutelsat, confronté ces derniers mois au brouillage de ses signaux et à des pressions visant à l'empêcher de diffuser certains contenus.

Le cas récent de brouillage de chaînes iraniennes a entraîné Eutelsat bien malgré lui au coeur d'une controverse diplomatique dans une région surtout synonyme pour le groupe français de fortes croissances et d'un potentiel important, a déclaré Michel de Rosen, son PDG.

"Le brouillage intentionnel des signaux est devenu un sujet plus prégnant ces dernières années. Nous en sommes devenus une cible", a-t-il expliqué lors de l'étape parisienne du sommet Reuters sur les médias.

Les téléspectateurs iraniens ont à plusieurs reprises été privés de signal sur les chaînes internationales en farsi de BBC, Deutsche Welle et Voice of America, diffusées par un satellite d'Eutelsat.

Accusé à tort d'avoir lui-même brouillé la diffusion de ces chaînes, le groupe français dit avoir identifié la source de l'interférence à l'intérieur du territoire iranien et avoir porté plainte auprès notamment d'une organisation de l'Onu.

Pour venir à bout de ce problème, son dirigeant, davantage habitué à gérer des enjeux techniques et d'investissement à 35.650 kilomètres de la terre que des tensions diplomatiques, plaide aujourd'hui pour une solution politique.

"Cette sorte de brouillage est un problème politique auquel il faut une réponse politique. Eutelsat n'est pas une organisation politique. Nous ne pouvons pas dire à un pays souverain ce qu'il doit faire, et même si nous le faisions ça n'aurait pas d'impact", a affirmé Michel de Rosen.

Le groupe espère que les autorités se saisiront pleinement de cette question à l'occasion d'une réunion internationale des acteurs du secteur prévue à Genève en janvier et février prochains. En attendant, Eutelsat travaille à des boucliers capables de protéger, au moins partiellement, le signal de son satellite.

400 CHAÎNES

Situé sur le créneau stratégique de "sept Ouest", l'appareil Atlantic Bird 7, lancé au premier trimestre, couvre le Moyen-Orient au sens large, où près de 30 millions de foyers ont installé des antennes tournées vers le ciel pour accéder à près de 400 chaînes télévisées.

Parmi ces chaînes, on retrouve l'emblématique Al Djazira, mais aussi des chaînes contrôlées par des régimes controversés, dont le rôle a été pointé du doigt au cours des soulèvements populaires en Egypte, en Tunisie et en Lybie, ce qui a valu au groupe des critiques.

"Nous recevons beaucoup de pression, beaucoup de lettres, de réclamations, mais nous ne cédons pas aux pressions", a déclaré Michel de Rosen, qui revendique une position de neutralité.

"Nous n'avons ni le droit, ni la volonté ni la capacité de juger du contenu des chaînes (...) C'est au régulateur de le faire", poursuit-il.

Eutelsat a ainsi cessé de diffuser des chaînes liées à l'ancien dirigeant libyen Mouammar Kadhafi à la demande du gouvernement français, sur la base des décisions du Conseil de sécurité de l'Onu et de l'Union européenne.

Le groupe français, qui ne divulgue pas la répartition de ses ventes à l'international, estime toutefois que ces défis récemment apparus constituent une exception liée à l'actualité géo-politique particulièrement dense dans la région et qu'ils ne devraient pas s'inscrire dans la durée.

Le Moyen-Orient garde donc tout son attrait et des concurrents issus de la région tentent d'ailleurs de se faire une place sur ce marché très lucratif des satellites, aujourd'hui dominé à l'international par Intelsat, SES Global, Eutelsat et Telesat.

Eutelsat, dont l'espagnol Abertis détient 31% et le Fonds stratégique d'investissement français (FSI) 26%, vise pour 2011-2012 un chiffre d'affaires supérieur à 1,235 milliard d'euros et un Ebitda de plus de 955 millions.

Avec Leila Abboud et Georgina Prodhan

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