La censure vouée à l'échec sur internet, selon William Hague

jeudi 3 novembre 2011 08h02
 

LONDRES (Reuters) - Les efforts des autorités chinoises, russes ou autres pour contrôler plus étroitement l'activité sur internet sont peine perdue, a jugé mercredi William Hague, chef de la diplomatie britannique à l'issue d'une conférence sur le cyberespace et sa sécurité, à Londres.

Les soixante délégations présentes, a-t-il poursuivi dans son discours de clôture, "sont convenues que les efforts déployés pour accroître la cybersécurité ne doivent pas porter atteinte aux droits de l'homme.

"Mon message aux gouvernements est que la résistance au flot d'informations, à la déferlante qui amène plus de transparence et de comptes à rendre, est vouée à l'échec", a conclu le secrétaire au Foreign Office.

La conférence avait pour but de donner un nouvel élan au débat sur l'avenir d'internet face à la progression de la cybercriminalité qui menace son potentiel économique.

La Chine, la Russie et plusieurs pays en plein essor veulent avoir davantage voix au chapitre dans un domaine jusqu'ici largement régulé par des entités occidentales.

"J'ai bien peur que (la conférence de) Londres ne marque l'émergence de deux camps clairement définis qui se sont dessinés cette année", a commenté un diplomate occidental ayant requis l'anonymat.

"Les intentions de l'Ouest sont désormais franchement déclarées et sont un défi lancé à la Chine. La Russie et la Chine décideront-elles de le relever ?", s'est-il interrogé.

Européens et Américains ont joué les premiers rôles à Londres, notamment avec les interventions du vice-président américain Joe Biden, de la commissaire européenne chargée de la société numérique Neelie Kroes et du directeur de Facebook pour l'Europe, Richard Allan.

Si les pays occidentaux s'inquiètent des violations des droits d'auteur et du téléchargement illégal, les gouvernements autoritaires comme ceux de la Chine et de la Russie observent avec autant de préoccupation le rôle qu'internet et les réseaux sociaux jouent dans le "printemps arabe".   Suite...