Londres en accusation à la conférence sur le cyberespace

mardi 1 novembre 2011 18h14
 

par Adrian Croft et Georgina Prodhan

LONDRES (Reuters) - A l'ouverture d'une conférence sur le cyberespace organisée à Londres, la Grande-Bretagne a rejeté mardi des appels de la Chine et de la Russie en faveur de contrôles plus stricts sur internet, mais s'est vu reprocher d'avoir envisagé de brider les réseaux sociaux après les émeutes de l'été.

Ministres, dirigeants de l'industrie technologique et défenseurs d'internet sont réunis 48 heures pour discuter des moyens de combattre les atteintes à la sécurité et la criminalité sur le réseau mondial sans limiter les perspectives économiques et la liberté d'expression.

Si les pays occidentaux s'inquiètent des violations des droits d'auteur et du téléchargement illégal, les gouvernements autoritaires comme ceux de la Chine et de la Russie ont observé avant autant de préoccupation le rôle qu'internet et les réseaux sociaux jouaient dans le "printemps arabe".

"Des Etats trop nombreux tentent d'aller au-delà d'une ingérence légitime ou sont en désaccord avec nous sur ce qui constitue un comportement 'légitime'", a dit aux participants le chef de la diplomatie britannique, William Hague.

"Nous avons constaté en Tunisie, en Egypte et en Libye qu'on ne créait pas de stabilité et qu'on n'apaisait pas les griefs en coupant internet, en fermant Facebook, en brouillant Al Djazira, en intimidant les journalistes et en emprisonnant les blogueurs (...) On ne met pas l'idée de liberté sous les verrous, aussi puissants soient-ils."

ACCORD IMPROBABLE DANS L'IMMÉDIAT

En septembre, la Chine, la Russie, le Tadjikistan et l'Ouzbékistan avaient proposé à l'Onu un code de conduite mondial centré sur le principe que "le contrôle des questions publiques sur internet relève du droit souverain des Etats".

Mais un groupe anticensure a accusé les gouvernements occidentaux de faire deux poids, deux mesures, en notant que le Premier ministre britannique David Cameron avait brièvement envisagé de restreindre les réseaux sociaux après les émeutes qui ont secoué plusieurs villes britanniques en août.   Suite...