Olympus confirme les dires de Michael Woodford

mercredi 19 octobre 2011 11h22
 

par Isabel Reynolds et Mayumi Negishi

TOKYO (Reuters) - Olympus a reconnu mercredi avoir versé des honoraires inhabituellement élevés de 687 millions de dollars (498 millions d'euros) à des conseillers financiers lors de l'acquisition du fabricant britannique d'équipements médicaux Gyrus.

Le groupe confirme ainsi les dires du directeur général Michael Woodford, dont le licenciement vendredi a fait perdre au titre Olympus quelque 45% de sa valeur en Bourse. L'action a terminé mercredi en baisse de 1,98% à 1.389 yens.

Lundi, un haut dirigeant du groupe japonais, Hisashi Mori, avait assuré aux investisseurs que les honoraires versés aux conseillers financiers étaient moitié moindres que le montant divulgué par Michael Woodford, en excluant les paiements effectués pour le rachat d'actions préférentielles de Gyrus.

Mercredi, le fabricant d'appareils photos et d'instruments d'optique de précision a reconnu dans un communiqué leur avoir versé 443 millions de dollars pour racheter des actions préférentielles, mais il n'a pas donné leur identité et a dit ne pas savoir où ils se trouvaient depuis la transaction.

Le dirigeant évincé Michael Woodford a de son côté souligné que, d'après PriceWaterhouse Cooper, ce type d'acquisition entraînait traditionnellement une commission de 1% sur le prix d'achat, pouvant exceptionnellement monter jusqu'à 2%. Ceci porterait les frais de conseil entre 20 et 40 millions de dollars.

Olympus a racheté Gyrus en 2008 pour 935 millions de livres (1,07 milliard d'euros) en vue de renforcer sa position sur le marché des instruments médicaux.

Deux semaines seulement après avoir été promu à la direction générale d'Olympus, Michael Woodford a été licencié vendredi, selon lui pour avoir examiné de trop près les paiements liés à des acquisitions - dont celle de Gyrus - réalisées par le groupe avant qu'il n'en assume la direction.

Les analystes de JP Morgan, Goldman Sachs et Citibank ont suspendu mardi leurs évaluations du titre, en raison de l'incertitude ambiante.

Olympus continue de démentir toute malversation et souligne que le licenciement de Michael Woodford s'explique exclusivement par des divergences de management.

Natalie Huet pour le service français, édité par Danielle Rouquié