17 octobre 2011 / 09:09 / dans 6 ans

L'internet français a aussi des pépites

par Gwénaëlle Barzic et Marie Mawad

PARIS (Reuters) - Le prochain patron emblématique de l‘internet et des nouvelles technologies sera-t-il forcément américain ?

Depuis les années 1980, les États-Unis ont largement volé la vedette avec Microsoft et IBM d‘abord, puis Apple, Google et Amazon, mais le paysage n‘est en réalité pas aussi uniforme, dans un secteur où l‘Europe et la France se sont également démarquées en terme d‘innovation.

“Prends garde à toi Silicon Valley !”, titrait il y a quelques mois le magazine Wired, qui fait référence dans le secteur des technologies, soulignant l’émergence de centres névralgiques dans le domaine d‘internet un peu partout en Europe et notamment à Paris.

Car la France peut se targuer d'avoir donné naissance à de véritables pépites de l'Internet, auxquelles Reuters consacrera un forum du 18 au 20 octobre à Paris. (voir link.reuters.com/beb44s)

Nos invités Vente-Privée, Deezer, AlloCiné ou Viadeo enrichissent depuis quelques années un tableau d‘honneur sur lequel figuraient déjà Priceminister, Seloger ou Auféminin.com.

Selon une étude réalisée par le cabinet McKinsey, l‘Hexagone est sixième au classement mondial des écosystèmes les plus propices au développement des technologies de l‘information grâce à la qualité de ses infrastructures.

Cette étude souligne toutefois que l‘accès au capital est difficile pour les petites entreprises françaises, alors même que, selon l‘Association européenne du capital-investissement et du capital-risque, la France est le pays européen qui a reçu le plus de fonds de capital-risque en 2010.

Dans les faits, plusieurs belles aventures ont rapidement échappé au giron français pour passer sous la coupe de concurrents étrangers, disposant souvent de moyens financiers nettement supérieurs.

A l‘occasion du Forum Reuters, nous interrogerons donc nos invités, notamment le Fonds stratégique d‘investissement (FSI), ainsi que les fonds ISAI et Alven, sur la question cruciale du financement.

Les start-up Thank You Charlie, myFab et Smartdate, également conviées, nous diront quant à elles s‘il est possible pour une jeune entreprise de grandir en France.

LA FRANCE VEUT SE DONNER LES MOYENS

Les pouvoirs publics semblent en tout cas avoir pris conscience de l‘importance du secteur des technologies qui représente selon les études entre 3 et 4% du Produit intérieur brut (PIB) du pays.

Après avoir été l‘instigatrice d‘un G8 de l‘internet fin mai à Paris, la France s‘apprête à animer le 21 octobre un colloque sur le même sujet, avec la participation de plusieurs ministres étrangers.

“La France doit se focaliser sur trois points pour créer un meilleur écosystème (.). Elle doit pousser la collaboration entre les domaines académique et industriel, développer des agglomérations (comparables à la Silicon Valley aux Etats-Unis) et revoir ses politiques pour attirer davantage de talents dans le pays”, estiment les analystes de McKinsey.

Le pays a déjà pris plusieurs initiatives, notamment d‘ordre fiscal comme le crédit impôt recherche ou le statut de “jeune entreprise innovante”, mais aussi en favorisant les coopérations entre le public et le privé avec la création de pôles de compétitivité.

Plusieurs projets d‘origine privée ont également vu le jour pour accompagner les jeunes start-up dans leur développement, à l‘image de l‘association Silicon Sentier.

“Le tissu entrepreneurial est renforcé depuis peu”, estime le cabinet d‘analyse Idate.

Des dirigeants d‘entreprises qui ont réussi sont, en effet, plusieurs à investir dans des jeunes pousses à travers leurs propres fonds, comme le fondateur du site de rencontres Meetic, Marc Simoncini, qui gère aujourd‘hui le fonds Jaina Capital, ou de Xavier Niel, le patron du fournisseur d‘accès à internet Free, à la tête de Kima Ventures.

“Les fondateurs des premières générations d‘entreprises de l‘internet (...) réinvestissent leurs ressources et leur expérience dans des fonds de capital-risque largement tournés vers les jeunes pousses locales”, explique l‘Idate.

L‘ensemble de ces initiatives commence à porter ses fruits si l‘on en croît les spéculations récurrentes sur les nouvelles vedettes de l‘internet français : elles étudieraient tour à tour une possible entrée en Bourse ou une expansion outre-Atlantique, où elles prendraient une part du gâteau de leurs homologues américaines.

Edité par Jean-Michel Bélot

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