L'Europe à la traîne dans le mobile 4G

mercredi 28 septembre 2011 17h18
 

par Marie Mawad et Leila Abboud

PARIS (Reuters) - L'Europe est à la traîne dans le déploiement des réseaux mobiles de quatrième génération (4G) qui ne devrait décoller véritablement qu'en 2012 ou 2013, tandis que de grands opérateurs télécoms d'outre-Atlantique ont déjà basculé plusieurs millions de clients vers cette nouvelle technologie.

Longtemps en avance sur la 3G, le Vieux continent est en mesure de déployer rapidement la génération suivante, car il suffira aux opérateurs européens de rénover leurs infrastructures, là où leurs concurrents ont été contraints d'investir plus lourdement pour construire leurs réseaux, disent des équipementiers interrogés lors du congrès sectoriel Broadband World Forum.

"L'Europe est à la traîne. Ailleurs, le phénomène a déjà démarré", a souligné Philippe Keryer, responsable de l'activité réseaux d'Alcatel-Lucent, qui cite le démarrage de la 4G aux Etats-Unis, dans des pays d'Asie, du Moyen-Orient et d'Amérique Latine.

Le dirigeant de l'équipementier franco-américain s'attend à ce que le marché européen décolle véritablement en 2012 en Allemagne et dans les pays nordiques, puis en 2013 ailleurs sur le continent, un calendrier dont les grandes lignes sont partagées par Thomas Jul, directeur de l'Europe chez Nokia-Siemens Networks, également interrogé par Reuters.

L'Europe aura un train de retard, mais est désormais en mesure de lancer la machine puisque les licences donnant accès aux fréquences mobiles 4G sont en train d'être attribuées en France, en Espagne et en Italie notamment. Le Royaume-Uni a quant à lui reporté ses enchères à 2012, tandis que l'Allemagne a attribué ses licences l'an dernier.

La technologie 4G doit permettre des débits plus rapides sur les réseaux de téléphonie mobile à l'heure où de nouveaux usages comme la vidéo sur les smartphones font exploser le trafic de données.

INCITER LES OPÉRATEURS

Plusieurs spécialistes insistent toutefois sur l'absence d'incitation à passer à la 4G pour des opérateurs européens tentés d'amortir encore les investissements de taille qu'ils ont consacrés à la 3G.   Suite...