L'Autorité de concurrence épingle Canal+ sur TPS

mercredi 21 septembre 2011 14h17
 

par Marie Mawad et Leila Abboud

PARIS (Reuters) - Canal+ a manqué à des engagements pris lors du rachat de TPS, a jugé mercredi l'Autorité de la concurrence, qui retire la décision d'autoriser l'opération et place ainsi la chaîne cryptée en position délicate alors même que les autorités se penchent sur sa prise de participation au pôle TV de Bolloré.

La filiale de Vivendi est accusée de plusieurs manquements par l'Autorité parmi les 59 engagements qu'elle avait pris en 2006, dont certains jugés "essentiels", ce qui a motivé le régulateur à décider du premier retrait d'autorisation de son histoire, assorti d'une amende de 30 millions d'euros.

L'Autorité laisse un mois aux parties concernées pour lui notifier à nouveau l'opération, qui serait alors étudiée sur de nouvelles bases.

"Nous allons tout remettre à plat. L'autorisation de 2006 n'existe plus. Nous rediscuterons de tout au regard de la situation de marché d'aujourd'hui", a déclaré Bruno Lasserre, le président de l'Autorité, lors d'une conférence de presse.

Le régulateur pourrait commencer par redéfinir les caractéristiques du marché concerné par l'opération, en traçant une frontière plus ou moins nette entre les segments de télévision payante et gratuite.

Disposant d'une position dominante dans la télévision payante, Canal+ est un relativement petit acteur du gratuit.

"Il n'y aucun doute que nous ferons un examen approfondi de ce dossier", dont l'issue sera vraisemblablement l'une de deux options : autoriser l'opération en demandant de nouveaux engagements à Canal+, ou donner un feu vert en imposant des injonctions unilatérales, a expliqué Bruno Lasserre.

Canal+ a de son côté fait savoir qu'il engagerait des recours contre cette décision, estimant qu'il "n'est naturellement pas envisageable de remettre en cause une fusion intervenue voilà près de cinq ans".   Suite...

 
<p>Canal+ a manqu&eacute; &agrave; des engagements pris lors du rachat de TPS, a jug&eacute; mercredi l'Autorit&eacute; de la concurrence, qui retire la d&eacute;cision d'autoriser l'op&eacute;ration et place ainsi la cha&icirc;ne crypt&eacute;e en position d&eacute;licate alors m&ecirc;me que les autorit&eacute;s se penchent sur sa prise de participation au p&ocirc;le TV de Bollor&eacute;. /Photo d'archives/REUTERS/Charles Platiau</p>