25 août 2011 / 09:53 / dans 6 ans

La démission de Steve Jobs, une aubaine pour Samsung?

<p>La d&eacute;mission du fondateur d'Apple Steve Jobs de son poste de directeur g&eacute;n&eacute;ral tombe peut-&ecirc;tre &agrave; point nomm&eacute; pour Samsung Electronics, en lutte ouverte avec le groupe am&eacute;ricain sur le march&eacute; des smartphones en particulier. /Photo d'archives/REUTERS//Mario Anzuoni/Jo Yong-Hak</p>

par Miyoung Kim,

SEOUL (Reuters) - La démission du fondateur d‘Apple Steve Jobs de son poste de directeur général tombe peut-être à point nommé pour Samsung Electronics, en lutte ouverte avec le groupe américain sur le marché des smartphones en particulier.

En congé maladie depuis janvier, Steve Jobs a déclaré mercredi ne plus être en mesure d‘assumer ses fonctions et obligations en tant que directeur général. Il a été désigné président du conseil d‘administration et Tim Cook le remplace au poste de directeur général.

Cette nouvelle pourrait changer la donne pour Samsung, qui entretient avec Apple une concurrence acharnée, ses smartphones et tablettes, dotés du logiciel d‘exploitation Android de Google étant pour le moment les seuls susceptibles de rivaliser avec les iPhone et iPad de la marque à la pomme.

Apple et Samsung ont d‘ailleurs mis fin au deuxième trimestre 2011 aux dix ans de règne de Nokia sur le marché des smartphones, s‘adjugeant respectivement la première et la deuxième places du classement.

“Même avant la démission de Steve Jobs, Samsung était de plus en plus optimiste sur sa capacité à détrôner Apple sur le marché des smartphones”, commente Mark Newman, ancien directeur de la stratégie chez Samsung et désormais analyste chez Sanford C Bernstein. “(Samsung) gagne des parts de marché car on observe un changement de dynamique dans l‘industrie des smartphones.”

GUERRE COMMERCIALE SANS MERCI

Les ventes de smartphones du coréen se sont en effet envolées de plus de 500% au deuxième trimestre 2011, éclipsant une croissance de 142% pour son principal concurrent, même si ce dernier a écoulé environ un million de combinés de plus. Les ventes de Nokia se sont en revanche effondrées, reculant de 30%.

Dernière offensive en date, Samsung a présenté mercredi quatre nouveaux smartphones de sa gamme Galaxy, dont des modèles bon marché grâce auxquels il espère tirer parti de la croissance dans les marchés émergents.

Cette rivalité s‘exprime non seulement sur le terrain commercial mais également devant les tribunaux du monde entier, les deux groupes s‘accusant mutuellement d‘atteinte au droit de la propriété intellectuelle.

<p>CONCURRENCE ENTRE APPLE ET SAMSUNG</p>

Apple a ainsi obtenu mercredi de la justice néerlandaise une interdiction provisoire de commercialisation de trois modèles de smartphones de Samsung dans certains pays européens, pour violation de brevets.

INTERDÉPENDANCE

A la Bourse de Séoul, le titre Samsung saluait déjà l‘annonce de la démission de l‘emblématique patron d‘Apple, clôturant en hausse de 2,4%.

“Les investisseurs redoutaient qu‘Apple ne marche sur les plates-bandes d‘Android mais le départ de Steve Jobs donne à Samsung l‘opportunité d’étendre ses parts de marché alors que Nokia est en difficulté”, explique Jeon Nam-joong, gestionnaire de fonds chez Consus Asset Management et détenteur de titres Samsung.

Dans le secteur des tablettes, le coréen reste toutefois à la traîne, avec environ 7,5 millions d‘exemplaires vendus depuis début 2011 selon les analystes, contre 14 millions d‘iPad, pour le seul premier semestre.

Mais les relations entre les deux groupes restent complexes car Apple est à la fois le principal concurrent et le plus important client de Samsung. Ce dernier a fourni l‘année dernière environ 5,7 milliards de dollars de composants au groupe américain, ce qui représente quelque 4% de son chiffre d‘affaires total.

L‘explosion des ventes d‘iPad et d‘iPhone au premier semestre a porté cette part à 5,8%.

“Il est difficile de mesurer précisément l‘impact que tout cela aura car notre relation avec Apple est très compliquée et interfère avec de nombreuses composantes de nos activités”, fait savoir un dirigeant de la division management de Samsung, qui a tenu à conserver l‘anonymat.

Une analyse partagée par Mark Newman: “C‘est une relation très complexe et je pense qu‘il est très important de souligner qu‘ils ne sont pas simplement concurrents, rivaux acharnés sur le marché, mais qu‘ils ont également besoin l‘un de l‘autre. Je dirais qu‘Apple a davantage besoin de Samsung que Samsung n‘a besoin d‘Apple”.

Ju-min Park et Hyunjoo Jin à Séoul, Tim Kelly et Ayai Tomisawa à Tokyo, Clare Jin à Tapei, Cathy Yang à Hong Kong, Catherine Monin pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat

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